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John Kerry promet de renforcer les rebelles syriens sans les armer

04/03/2013 05:31 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a promis de continuer à renforcer les rebelles syriens mais en excluant de les armer, lors d'entretiens lundi à Ryad, où il devait aussi rencontrer le président palestinien, Mahmoud Abbas.

Sur l'Iran, M. Kerry a affirmé que les négociations sur le nucléaire ne pourraient pas se prolonger "indéfiniment", répondant ainsi aux inquiétudes de ses alliés arabes du Golfe, qui redoutent les ambitions de leur voisin.

Le chef de la diplomatie américaine, en visite en Arabie saoudite dans le cadre de sa première tournée internationale, a rencontré séparément les ministres des Affaires étrangères plusieurs pays arabes du Golfe.

Ces derniers avaient exprimé dimanche soir leur soutien à un règlement négocié en Syrie, mais estimé qu'il revenait "au Conseil de sécurité d'adopter une résolution pour protéger les civils syriens, sous le chapitre 7", qui prévoit des mesures coercitives.

"Les Etats-Unis s'engagent à continuer d'oeuvrer pour renforcer l'opposition syrienne", a dit M. Kerry lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal.

Mais le secrétaire d'Etat, dont l'administration refuse d'armer les rebelles syriens, a répété qu'il n'y avait "pas de garanties que des armes ne tombent pas dans de mauvaises mains".

Toutefois, "l'opposition syrienne a maintenant la capacité de s'assurer que ce qui va à l'opposition modérée et légitime lui parvient effectivement", a ajouté M. Kerry, en allusion aux armes envoyées aux rebelles par des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar.

Le chef de la diplomatie saoudienne a pour sa part souligné "le droit du peuple syrien à se défendre" et réclamé un "embargo sur les armes à destination du régime syrien".

Les six pays arabes du Conseil de coopération du Golfe (CCG), alliés des Etats-Unis, reprochent à Washington son refus d'armer l'opposition syrienne et estiment que son attitude à l'égard de l'Iran n'est pas assez ferme.

"La diplomatie demeure notre premier choix (....) mais les pourparlers ne se poursuivront pas indéfiniment", a affirmé M. Kerry à propos de l'Iran.

Le prince Saoud a exprimé l'espoir que les négociations entre l'Iran et les grandes puissances "aboutiraient à une solution radicale".

Le secrétaire d'Etat devait également rencontrer à déjeuner le président palestinien Mahmoud Abbas, arrivé la veille dans la capitale saoudienne, a confirmé M. Kerry, précisant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu était "au courant" de cette rencontre.

La tournée de M. Kerry n'inclut pas Israël et les territoires palestiniens, où le président Barack Obama doit se rendre dans un peu plus de deux semaines.

"Le président Abbas va exposer à la nouvelle administration américaine le point de vue palestinien avant la visite de M. Obama dans la région", a déclaré l'ambassadeur de Palestine à Ryad, Jamal al-Chawbaki, à la radio palestinienne.

M. Abbas va "souligner les violations israéliennes à Jérusalem et la poursuite de la colonisation, et soulever la question des détenus palestiniens en grève de la faim", a-t-il ajouté.

M. Netanyahu a récemment rencontré à Amman le roi Abdallah II de Jordanie pour discuter du processus de paix israélo-palestinien, suspendu depuis septembre 2010, avait indiqué samedi une source diplomatique en Israël.

Pour reprendre les pourparlers, M. Abbas réclame l'arrêt de la colonisation juive et la reconnaissance des lignes antérieures à la guerre de juin 1967 comme base de discussions.

Il réclame aussi la libération des plus anciens détenus en Israël, qui se dit pour sa part prêt à reprendre les négociations mais sans condition préalable.

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