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Israël: ligne de bus pour les travailleurs palestiniens de Cisjordanie

04/03/2013 01:51 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Israël a lancé lundi un service de bus destiné aux travailleurs palestiniens, suscitant des accusations de "ségrégation" dans les transports de la part de l'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem.

Le lancement de cette ligne reliant le passage d'Eyal, près de Qalqiliya, dans le nord de la Cisjordanie, à l'agglomération de Tel-Aviv, fait suite à des protestations de colons mécontents de devoir partager les transports avec les Palestiniens, invoquant des risques d'attentat.

Le maire de la colonie d'Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, Ron Nachman, décédé depuis, avait indiqué en novembre sur sa page Facebook avoir demandé à l'armée, à la police et au ministère des Transports, d'"empêcher les Palestiniens de monter dans des bus desservant Ariel", assurant que ses interlocuteurs "travaillaient à une solution".

"Les nouvelles lignes de bus sont destinées aux travailleurs palestiniens entrant en Israël par le passage d'Eyal, afin de remplacer les opérateurs pirates qui transportent les travailleurs à des prix exorbitants", a cependant affirmé dans un communiqué le ministère des Transports.

Le ministre des Transports Israël Katz, a donné des instructions pour que "les Palestiniens entrant en Israël puissent circuler à bord de tous les transports publics en Israël, y compris les lignes opérant en Judée-Samarie (Cisjordanie, NDLR)", a souligné le ministère, rejetant les accusations de ségrégation.

Mais une porte-parole de B'Tselem, Sarit Michaeli, a dénoncé "une ségrégation des bus écoeurante", dans une déclaration à l'AFP, estimant que cela parachève une séparation de fait entre colons et habitants Palestiniens de Cisjordanie.

Ces travailleurs palestiniens "ont une accréditation de sécurité, par conséquent essayer d'invoquer l'argument de la sécurité ou de leur propre confort n'est que la couverture d'un racisme pur et simple", a estimé la porte-parole de l'ONG, qui avait protesté contre le caractère "discriminatoire" du projet lorsqu'il avait été évoqué pour la première fois en novembre.

Les Palestiniens de Cisjordanie, qui doivent posséder un permis spécial pour entrer en Israël, dénoncent régulièrement un système d'"apartheid" dans lequel certaines routes leur sont interdites sur leur propre territoire, officiellement pour des motifs de sécurité.

Quelque 360.000 colons juifs vivent dans les implantations de Cisjordanie, parmi quelque 2,5 millions de Palestiniens.

"C'est très bien, mais il devrait y avoir un bus toutes les 10 minutes, parce que les gens doivent attendre longtemps", a déclaré à l'AFP un des nouveaux usagers de la ligne, Tareq Salameh, au passage d'Eyal.

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