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Chypre accepte un audit sur ses politiques contre le blanchiment d'argent

04/03/2013 05:29 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

BRUXELLES - Les ministres des Finances de la zone euro ont poussé Chypre lundi à accepter un audit indépendant sur ses politiques visant à combattre le blanchiment d'argent afin d'obtenir un plan de sauvetage.

Au bord de la faillite, l'île a un besoin urgent d'argent pour soutenir ses banques et maintenir son gouvernement à flot après avoir été happée par la crise de la dette de la Grèce.

Lundi soir, les ministres des Finances des 17 pays européens qui utilisent l'euro n'ont toutefois pas clarifié comment ils prévoyaient financer le plan de sauvetage sans accabler Chypre d'une lourde dette.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a refusé de préciser si les détenteurs d'obligations des banques chypriotes et même leurs déposants seraient forcés de payer une partie du plan, affirmant que les négociations avec le nouveau gouvernement de l'île venaient tout juste de commencer.

M. Dijsselbloem a répété que la zone euro voulait régler la question d'ici la fin du mois de mars.

Chypre tente d'obtenir un programme d'aide financière de 17 milliards d'euros (22 milliards $US), soit l'équivalent de sa production économique annuelle. Les analystes disent toutefois que le plan gonflerait la dette de l'île à environ 145 pour cent de sa production économique, un niveau que la plupart des économistes estiment insoutenable pour une si petite économie.

Le pays ne peut plus refinancer sa dette, ce qui l'a contraint à demander l'aide de ses partenaires européens en juin dernier. Depuis, les pourparlers sur le plan de sauvetage traînent en longueur et aucune entente n'a été conclue avec le précédent gouvernement chypriote. Avec l'arrivée au pouvoir d'un candidat conservateur le mois dernier à Nicosie, les observateurs s'attendent à ce que les négociations s'accélèrent.

L'Allemagne, la France et d'autres pays européens ont exprimé de l'inquiétude par rapport aux banques de Chypre, qui faciliteraient le blanchiment d'argent et la fraude fiscale, plus particulièrement pour leurs clients russes. Les parlementaires allemands, qui doivent approuver tous les plans de sauvetage de la zone euro, ont menacé de bloquer l'aide destinée à l'île à moins qu'elle ne s'accompagne d'une surveillance stricte des institutions financières chypriotes.

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