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Assurance-emploi: le PQ n'a plus aucune crédibilité, selon l'opposition

04/03/2013 02:47 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Avec ses coupes «en catimini» à l'aide sociale, le gouvernement Marois a perdu toute crédibilité dans sa lutte contre la réforme fédérale de l'assurance-emploi, estime l'opposition.

La ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, «doit être morte de rire», a lancé lundi la députée libérale Karine Vallières, porte-parole de l'opposition en matière de lutte à la pauvreté.

«Ce sont des coupes faites à l'aveuglette. Je comprends mal Mme (Agnès) Maltais (ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale) qui va déchirer sa chemise au fédéral pour obtenir des études d'impact concernant l'assurance-emploi. J'aimerais bien voir sur quelle étude elle se base pour faire de telles coupes dans son ministère», a-t-elle déclaré.

Selon Mme Vallières, le Québec se retrouve aujourd'hui affaibli devant le gouvernement fédéral et sa ministre Finley qui semblent déterminés à imposer coûte que coûte des resserrements à l'assurance-emploi.

«Cela nous place dans une situation vraiment très précaire en regard des démarches que l'on veut faire avec le gouvernement fédéral», a-t-elle soutenu.

La Coalition avenir Québec (CAQ) est du même avis. La ministre Maltais ne peut pas reprocher à Ottawa de faire avec l'assurance-emploi ce qu'elle vient de faire avec le régime d'aide sociale, a soulevé le député de Vanier-Les Rivières, Sylvain Lévesque.

Les modifications apportées à l'aide sociale n'ont pas fait l'objet d'une annonce, loin s'en faut. Elles ont été signifiées sans tambour ni trompette dans l'édition du 27 février de la Gazette officielle en pleine relâche de l'Assemblée nationale.

Les coupes frappent de plein fouet des clientèles particulièrement vulnérables: les jeunes familles, les prestataires âgés et les bénéficiaires de services en toxicomanie.

À compter du 1er juin, les ménages composés de deux parents et d'un enfant de moins de cinq ans perdront l’allocation de 129 $ par mois versée pour «contraintes temporaires».

Le seuil d'admissibilité à cette même allocation pour les prestataires âgés sera aussi reporté de 55 à 58 ans.

La prestation pour frais de séjour pour des soins en toxicomanie avec hébergement sera quant à elle limitée.

En revanche, ceux parmi les prestataires touchés qui accepteront de participer à un programme de réinsertion à l'emploi recevront temporairement un montant supplémentaire mensuel de 195 $.

D'après l'explication fournie par le ministère de Mme Maltais, ces mesures «visent à mieux reconnaître le potentiel d’intégration ou de retour en emploi des prestataires».

La formule employée par le ministère pour justifier ses coupes fait sourire l'opposition. Selon le député Lévesque, le gouvernement jette de la poudre aux yeux.

«Imaginez des gens qui ont 55, 56 ou 57 ans et que ça fait peut-être 15, 20 ou 25 ans qu'ils sont sur l'aide sociale. Comment vont-ils accepter demain matin de réintégrer le marché du travail avec une simple mesure comme celle-là? Ce qu'on va faire, c'est marginaliser encore plus des gens», a-t-il argué.

L'élu caquiste demande à la ministre Maltais de retourner à sa table à dessin et de présenter une étude d'impact de ses mesures sur les prestataires les plus vulnérables.

La députée Vallières conclut de son côté que le gouvernement Marois, en plein désarroi budgétaire, tente d'améliorer sa situation sur le dos des plus pauvres.

«On coupe chez ceux qui sont les plus nécessiteux et je pense que la motivation derrière ça est tout simplement l'atteinte du déficit zéro. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont décidé de publier ça dans la Gazette officielle alors que l'ensemble des parlementaires sont à l'extérieur dans leur comté», a-t-elle dit.

Mme Vallières reproche à la ministre Maltais de n'avoir pas soufflé mot de ses intentions pendant la récente étude des crédits à l'Assemblée nationale.

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