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Le CCG soutient le dialogue en Syrie, avant une réunion avec John Kerry

03/03/2013 04:57 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont exprimé dimanche leur soutien à un règlement négocié en Syrie, proposé fin janvier par le chef de la coalition de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib, mais avec la caution du Conseil de sécurité de l'Onu.

Dans un communiqué publié au terme d'une réunion à Ryad, les ministres des Affaires étrangères du CCG ont appelé "les parties (en conflit) en Syrie et la communauté internationale à adhérer à l'initiative" de M. Khatib pour "un accord avec des représentants du régime n'ayant pas de sang sur les mains, sur des mesures d'un transfert rapide du pouvoir".

A cette fin, le Conseil de sécurité doit, "par une résolution contraignante, définir un processus clair et un calendrier des pourparlers" devant déboucher sur une transition en Syrie, ajoute le communiqué du CCG, publié peu avant un dîner de travail que les ministres du CCG devaient avoir avec le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, arrivé en soirée à Ryad.

L'ONU s'est proposée de "faciliter" un dialogue entre l'opposition syrienne et une délégation du régime "crédible et habilitée" à discuter, mais l'opposition rejette toute négociation qui n'aboutirait pas à un départ du président Bachar al-Assad.

Dans une interview dimanche, M. Assad s'est déclaré prêt à discuter avec les opposants s'ils déposent les armes, après bientôt deux ans d'un conflit qui a fait plus de 70.000 morts, selon l'ONU. Mais il a une nouvelle fois exclu de quitter le pouvoir, se disant décidé à combattre les rebelles.

Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé une aide supplémentaire de 60 millions de dollars à l'opposition politique syrienne et, pour la première fois, des aides directes non létales à la rébellion, sans franchir le pas de la livraison d'armes.

Au cours de la réunion du CCG qu'il présidait, le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled Al-Khalifa, a fustigé "le manque d'action sérieuse et rapide de la part de la communauté internationale" concernant la Syrie où le conflit a pris une dimension "quasi-catastrophique".

Plusieurs riches monarchies pétrolières du CCG, en particulier l'Arabie saoudite et le Qatar, ont pris fait et cause pour la rébellion en Syrie, proclamant le droit du peuple syrien à se défendre et estimant que le régime du président Bachar Al-Assad ne voulait pas de solution politique.

Selon des experts, ces pays, alliés des Etats-Unis, leur reprochent leur refus d'armer l'opposition syrienne et une politique envers l'Iran qu'ils jugent trop conciliante.

"L'armement de l'opposition syrienne est une affaire qui concerne la Ligue arabe. Cela n'est pas à l'ordre du jour du CCG", a cependant déclaré cheikh Khaled au cours d'une conférence de presse.

En outre, les pays du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) "aspirent à de meilleures relations avec l'Iran qui, malheureusement, poursuit ses ingérences dans (leurs) affaires", a-t-il déploré.

Les monarchies du CCG entretiennent des relations tendues avec l'Iran, soupçonné de contribuer à la tension à Bahreïn, un pays secoué par des troubles récurrents depuis deux ans. Le programme nucléaire controversé de Téhéran est également une source d'inquiétude pour les pays du CCG.

"Nous remercierons M. Kerry pour l'engagement américain à l'égard de la sécurité de la région, et lui ferons part de nos inquiétudes concernant la relation avec l'Iran et les développements en Syrie", a déclaré cheikh Khaled.

M. Kerry doit avoir lundi avec ses homologues du CCG des entretiens séparés, qui porteraient aussi, selon un diplomate arabe, sur la situation au Yémen, un pays de la Péninsule arabique engagé dans une difficile transition politique, et sur la question d'un bouclier antimissile face à l'Iran.

Après Ryad, M. Kerry se rendra lundi aux Emirats arabes unis, puis au Qatar, dernière étape de sa première tournée.

aa/tm/sym

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