NOUVELLES

Khartoum viole l'embargo sur les armes au Darfour (rapport ONU )

03/03/2013 03:28 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

Le Soudan a utilisé des avions et hélicoptères de combat et des missiles achetés à la Russie et au Belarus dans le conflit au Darfour, violant ainsi un embargo de l'ONU, ont indiqué des experts de l'organisation.

Le rapport du comité des sanctions souligne l'intensification du conflit dans cette province soudanaise, avec des raids aériens contre des villages, l'installations par les rebelles de camps militaires au Soudan du Sud voisin et l'usage de la torture contre des opposants.

Les experts ont "constaté l'utilisation par les forces aériennes soudanaises d'un nouveau système d'armes, des roquettes air-sol S8" achétées au Belarus.

Ils ont aussi vu des chasseurs Su-25 achetés au Belarus en 2008 et des hélicoptères de combat Mi-24 achetés à la Russie après l'extension des sanctions en 2005. Les experts indiquent aussi enquêter sur l'utilisation possible par les troupes de Khartoum d'un transport de troupes blindé de fabrication iranienne.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé dès 2004 un embargo sur les armes à destination du Darfour, mais qui ne concernait pas le reste du Soudan. L'embargo a été renforcé l'année suivante.

Le comité affirme que le Soudan a violé la résolution 1591 du Conseil en utilisant des armenents achetés après 2005 et "en menant des bombardements aériens et des survols d'intimidation au dessus du Darfour", notamment dans le Jebel Marra (nord du Darfour).

Ces bombardements "sont suivis par l'arrivée dans les villages de soldats en uniforme khaki (qui) commettent des violations des lois humanitaires internationales", ajoute les observateurs de l'ONU.

Selon eux, le Conseil de sécurité devrait contraindre les pays qui vendent des armes à Khartoum à installer "un dispositif électronique de suivi" pour s'assurer que ces armes ne soient pas utilisée au Darfour.

Ils font aussi état de cas de "torture" et de "mauvais traitement" d'opposants par les services de renseignement et de sécurité soudanais (NISS) et affirme que ces services "continuent d'opérer avec impunité au Darfour", se livrant à des arrestations et détentions arbitraires.

Le rapport recense 15 cas de torture de détenus entre septembre et décembre derniers. A Nyala (sud du Darfour), deux détenus ont ainsi été "violemment frappés et leurs bras aspergés d'acide".

Par ailleurs, les experts indiquent que les rebelles au Darfour sont désormais équipés de rampes de roquettes multiples de 107 mm et que le Mouvement pour l'égalité et la justice, un des principaux groupes dissidents, dispose d'une base dans le Soudan du Sud qui abrite 800 combattants.

Le Darfour, en proie à une guerre civile depuis dix ans, est une vaste région de l'ouest du Soudan frontalière du Soudan du Sud, indépendant depuis juillet 2011.

Depuis 2003, le conflit qui oppose des groupes rebelles non arabes au régime de Khartoum, soutenu par des milices arabes, a fait 300.000 morts selon l'ONU - 10.000 selon Khartoum - et plus d'un million de déplacés.

tw/avz/lor

PLUS:afp