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John Kerry rencontre le président égyptien et réitère son appel à l'unité

03/03/2013 09:12 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a récompensé dimanche les engagements du président égyptien Mohammed Morsi envers des réformes politiques et économiques en dégelant 250 millions $ US en aide humanitaire pour soutenir le «futur du pays en tant que démocratie».

M. Kerry a toutefois fait savoir que l'administration Obama continuerait à étroitement surveiller M. Morsi pour s'assurer que celui-ci, premier président égyptien élu librement, respecte ses promesses, et a précisé que d'autres contributions américaines en dépendaient.

Dans une déclaration émise après deux jours de rencontres en Égypte, M. Kerry a rappelé que l'avenir demeurait fragile, et que beaucoup de travail restait à accomplir.

L'Égypte, profondément divisée dans la foulée de la révolution qui a permis de renverser le président Hosni Moubarak, tente de répondre aux conditions nécessaires pour obtenir un prêt de 4,8 milliards $ US de la part du Fonds monétaire international (FMI). Une entente permettrait de débloquer davantage du milliard de dollars US en aide américaine promis par Barack Obama l'an dernier, et qui devrait commencer à être acheminé dans la foulée de l'annonce de M. Kerry.

Aux dires du secrétaire d'État, l'entente avec le FMI nécessitera l'appui d'une majorité d'Égyptiens en faveur d'une réforme. M. Kerry estime également que l'économie nationale doit être renforcée, les divisions politiques doivent être réduites, et que le système judiciaire doit être amélioré pour que le Congrès américain autorise plus d'aide humanitaire.

Il a également parlé des besoins importants de l'Égypte lorsqu'il a indiqué au président Morsi que les États-Unis fourniraient 190 millions $ US d'un engagement à plus long terme de 450 millions $ US. Le reste de ce montant et les autres 550 millions $ US complétant le milliard de dollars US annoncé par le président Obama seront liés à des réformes supplémentaires, ont mentionné des responsables.

Alors que les élections parlementaires d'avril approchent à grands pas, et que les opposants libéraux et séculiers des Frères musulmans de M. Morsi ont annoncé leur intention de boycotter le processus, M. Kerry a parlé du vote comme d'une «étape particulièrement importante» dans la transition égyptienne vers la démocratie.

De violents heurts entre des protestataires et les forces de sécurité ont créé un environnement d'insécurité, compliquant les efforts égyptiens pour obtenir de l'aide internationale essentielle.

Des responsables de la présidence égyptienne ont dit que M. Kerry avait souligné la nécessité d'atteindre un consensus afin de rétablir la confiance envers la capacité du pays de passer à travers la crise.

Les États-Unis sont très inquiets de la possibilité que l'instabilité en Égypte ait des conséquences plus vastes dans une région déjà ébranlée par les révoltes.

Aux dires de responsables américains, M. Kerry envisageait de souligner l'importance de respecter le traité de paix avec Israël, de s'en prendre aux contrebandiers vendant des armes aux extrémistes à Gaza et de sécuriser la péninsule du Sinaï, de plus en plus laissée à elle-même.

Après avoir rencontré M. Morsi et ses responsables de la défense et du renseignement dimanche, M. Kerry s'est envolé vers Riyad, en Arabie saoudite. Il planifiait aussi s'arrêter aux Émirats arabes unis et au Qatar, où il doit traiter en priorité de la situation en Syrie et en Iran.

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