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Elliot Lake : la structure du centre commercial et l'intervention des équipes de secours au coeur de l'enquête

03/03/2013 05:39 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

« Penser à cette journée est encore très douloureux pour les gens d'Elliot Lake ». C'est en ces mots que l'avocat Douglas Elliott, qui représente les résidents, résume l'état d'esprit des gens de la communauté en cette journée d'ouverture de la Commission d'enquête publique sur la tragédie qui a coûté la vie à deux femmes le 23 juin dernier.

Le juge Paul Bélanger, qui préside la commission, a rappelé lundi matin la complexité du dossier ainsi que les défis techniques auxquels fait face la commission. 

« Elliot Lake est une petite communauté et les aéroports les plus proches sont à Sudbury et Sault-Sainte-Marie, à au moins deux heures de route », a mentionné le juge. 

Les deux corps retrouvés dans les décombres du centre commercial Algo étaient ceux de Lucie Aylwin, 37 ans, et de Doloris Perizzolo, 74 ans. Une vingtaine de personnes avaient également été blessées. 

Certains parents des deux victimes participeront à l'enquête publique, de même que les propriétaires de l'édifice. Gary Gendron, dont la conjointe, Lucie Aylwin, a péri dans l'effondrement, raconte que la commission « ne la ramènera pas ».

Des milliers de documents ont été fournis à la commission d'enquête. Le commissaire, Paul Bélanger, et son équipe d'avocats les ont parcourus pendant plus de six mois. Les enquêteurs de la commission ont interrogé environ 250 personnes et entendront jusqu'à 75 témoins pendant l'enquête.

Paul Bélanger, qui espère remettre son rapport avant la fin du mois de janvier 2014, a toujours souligné que son mandat, comme dans le cas de toutes les enquêtes publiques, était de déterminer ce qui s'était passé, et non de distribuer des reproches.

Pour les familles des victimes, il est toutefois important que les responsables soient blâmés. Elles ont intenté des pousuites contre plusieurs parties pour la mort de leurs proches.

L'avocat Roger Oatley, qui représente les familles des défuntes, a déclaré que les familles avaient hâte d'entendre les preuves qui établiront les responsabilités de chacun.

Le député néo-démocrate d'Algoma-Manitoulin Micheal Mantha, dont les bureaux se trouvaient dans le centre commercial Algo, espère que la Commission Bélanger fera la lumière sur les méthodes d'intervention des secouristes.

« Est-ce que les équipes de secours avaient toutes les ressources nécessaires à leur disposition ? Ont-elles eu des problèmes de communication ? On doit en apprendre plus pour ne répéter les mêmes erreurs », estime le député.

La commission interrogera ceux qui ont travaillé à la construction et à l'entretien du bâtiment, vieux d'une trentaine d'années. Elle devra déterminer les circonstances de l'effondrement et revoir le travail des secouristes. Beaucoup de résidents d'Elliot Lake ont l'impression que les efforts ont été insuffisants pour sauver les vies des deux victimes.

La commission formulera aussi des recommandations afin que de telles tragédies puissent être évitées à l'avenir.

L'enquête publique a été déclenchée par la province en juillet dernier. Elle se déroulera à l'ancienne école d'arts d'Elliott Lake, la White Mountain Academy of the Arts, jusqu'à l'été prochain. Ce mois-ci, des audiences auront lieu du 4 au 8 mars, du 11 au 14 mars, du 19 au 22 mars et du 25 au 28 mars, de 9 h 30 à 16 h 30 chaque jour.

Par ailleurs, une enquête criminelle est toujours en cours. Des poursuites pour négligence ont été intentées.

Six mois après le drame, des équipes ont entrepris une minutieuse démolition du centre commercial, qui était aussi un important point de rencontre à Eliott Lake.

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