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Crise en Egypte: Kerry veut "plus d'efforts", annonce une aide économique

03/03/2013 12:31 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a appelé dimanche à "davantage d'efforts et de compromis" pour restaurer la stabilité et remédier à la crise économique en Egypte, tout en annonçant une aide de 250 millions de dollars.

"Il est clair qu'il y a besoin de davantage d'efforts et de compromis pour rétablir l'unité, la stabilité politique et la santé économique en Egypte", a dit M. Kerry, dans un communiqué à l'issue d'un entretien avec le président Mohamed Morsi, peu avant de quitter Le Caire pour Ryad.

Le chef de la diplomatie américaine, qui effectue sa première tournée internationale, a indiqué avoir eu des entretiens "francs et constructifs" avec le président islamiste élu en juin 2012.

Les entretiens ont notamment porté sur "la réforme de la police, la protection des organisations non-gouvernementales, l'importance de faire avancer les droits et les libertés de tous les Egyptiens", a-t-il ajouté.

Il a également annoncé que son pays allait accorder 250 millions de dollars pour aider l'Egypte à surmonter la grave crise économique qu'elle traverse.

Il a déclaré avoir informé M. Morsi que Washington "allait apporter (une première tranche de) 190 millions de dollars sur les 450 millions" en discussion avec le Congrès. Soixante millions supplémentaires sont prévus dans le cadre d'un fonds pour les entreprises.

Le président Barack Obama avait promis en 2011 un allègement de la dette de l'Egypte vis-à-vis des Etats-Unis, à hauteur d'un milliard de dollars, dont 450 millions sont en négociations entre Le Caire, l'administration américaine et le Congrès.

"Il s'agit d'un effort sincère pour appuyer les réformes et aider le peuple égyptien dans ces moments difficiles", a-t-il dit.

Cette aide économique, a souligné M. Kerry, est annoncée après avoir obtenu "des assurances du président Morsi" sur la mise en oeuvre de réformes liées à l'obtention de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI), actuellement retardée en raison des troubles politiques.

Le ministre égyptien des Finances, El-Morsi El-Sayed Hegazy, a affirmé que son gouvernement pourrait s'entendre avant les élections législatives d'avril avec le FMI sur ce prêt, mais nombre d'analystes estiment qu'il faudra plutôt attendre la formation du prochain Parlement, en juillet.

Dès son arrivée au Caire samedi M. Kerry avait jugé "essentiel" de remettre en marche l'économie égyptienne, victime notamment d'un effondrement des investissements étrangers et de la chute du tourisme.

Deux ans après la chute du régime autoritaire et pro-occidental de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire, l'Egypte reste le deuxième récipiendaire de l'aide extérieure américaine -derrière Israël- avec 1,5 md USD par an, surtout pour l'armée.

Samedi, M. Kerry avait lié la crise économique à l'impasse politique, appelant régime et opposition à faire "des compromis significatifs".

Depuis son élection, M. Morsi, premier président civil d'Egypte, fait face à des crises à répétition, et le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition, a appelé à boycotter les législatives.

M. Kerry a vu samedi des opposants et a rencontré dimanche des représentants de la société civile. Mais deux des principaux chefs du FSN, Hamdeen Sabbahi et Mohamed ElBaradei ont boycotté l'entrevue, invoquant des pressions américaines pour les convaincre de participer aux législatives.

M. Kerry a assuré que les Etats-Unis "ne s'ingér(aient) pas, ne pren(aient) pas position pour un gouvernement, une personne, un parti, une idéologie" en Egypte.

La crise en Egypte se traduit également par des violences entre manifestants et policiers qui se sont poursuivies le week-end à Mansoura (delta du Nil) et à Port-Saïd (nord-est).

Allié pendant 30 ans au régime Moubarak, Washington marche sur des oeufs avec "la nouvelle Egypte", M. Obama semblant privilégier sa relation avec le président égyptien.

Pour les Américains, le dilemme est de soutenir les aspirations démocratiques des Egyptiens sans fâcher l'un de ses principaux alliés régionaux, lié à Israël par un traité de paix.

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