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Assad refuse de quitter le pouvoir, la guerre continue de plus belle

03/03/2013 05:10 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT

Le président syrien Bachar al-Assad a exclu de quitter le pouvoir et fustigé le soutien britannique à la rébellion qui a porté dimanche un coup au régime en tuant 34 soldats à Alep, signe que le conflit ne donne aucun signe d'essouflement près de deux ans après son déclenchement.

Dans une rare interview publiée dimanche, M. Assad a dit être prêt à discuter avec les opposants s'ils déposent les armes mais exclu de partir au moment où l'ONU se propose de "faciliter" un dialogue entre l'opposition et une délégation du régime "crédible et habilitée" à discuter.

"Nous sommes prêts à négocier avec tout le monde, y compris des militants qui déposent les armes", a assuré M. Assad dans cette interview au Sunday Times enregistrée en vidéo la semaine dernière dans sa résidence à Damas.

"Nous pouvons engager un dialogue avec l'opposition, mais nous ne pouvons pas engager de dialogue avec les terroristes", a-t-il souligné.

Fin février, son chef de diplomatie Walid al-Mouallem a pour la première fois évoqué un dialogue avec les rebelles armés pour mettre fin au conflit qui, selon l'ONU, a tué plus de 70.000 personnes depuis son déclenchement le 15 mars 2011 par une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression.

L'opposition rejette toute négociation qui n'aboutirait pas à un départ de M. Assad, alors que les Occidentaux et de nombreux pays arabes appellent le président à quitter le pouvoir pour permettre une transition politique et mettre un terme à la guerre dévastatrice.

"Aucun patriote ne peut penser à vivre en dehors de son pays. Je suis comme tous les patriotes syriens", a-t-il expliqué, excluant de nouveau tout départ.

"Si cet argument est correct, alors mon départ mettra fin aux affrontements. C'est clairement absurde, comme en témoignent les récents précédents en Libye, au Yémen et en Egypte", a-t-il fait valoir.

Son principal allié régional, l'Iran, a même annoncé samedi sa participation à l'élection présidentielle prévue en 2014. "Le président Assad, comme d'autres, participera à la prochaine élection", a dit le chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi en recevant M. Mouallem.

Le président syrien s'est dit peiné pour les victimes du conflit en notant que "des milliers de familles ont perdu des êtres chers et qui vont malheureusement sentir du chagrin des années durant. Personne ne peut sentir leur peine plus que nous".

Il a par ailleurs fustigé l'attitude de Londres, favorable à la levée de l'embargo européen sur les armes. "Comment peut-on s'attendre à ce qu'ils (les Britanniques) réduisent la violence alors qu'ils veulent envoyer du matériel militaire aux terroristes et n'essaient pas de faciliter le dialogue entre Syriens".

Alors que les parties restent déterminées à se battre jusqu'au bout en l'absence de toute solution politique, les rebelles ont marqué des points dans le Nord en prenant de larges parties d'une académie de police et en s'emparant d'une prison.

Dimanche à l'aube, "les rebelles ont pris de larges parties de l'école de police à Khan al-Assal après huit jours d'affrontements violents", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Khan al-Assal est le dernier bastion du régime dans la région ouest de la province d'Alep.

Plus au nord, des combattants du Front jihadiste Al-Nosra et d'autres groupes rebelles ont pris le contrôle d'une prison dans la province de Raqa, près de la frontière turque; libérant "des centaines" de détenus, a affirmé l'OSDH, ajoutant que l'armée avait quitté le pénitencier.

Ces succès surviennent au lendemain d'un revers des rebelles, les forces du régime étant parvenues à desserrer l'étau autour d'Alep et de son aéroport fermé depuis début janvier, en reprenant une route qui leur permet d'acheminer des renforts et des armes de Hama vers Alep.

Au moment où le conflit tue des dizaines de personnes tous les jours, le bilan de samedi a été particulièrement meurtrier avec 182 morts, selon l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

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