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L'Iran donne un coup de pouce à Assad, l'armée ouvre la voie vers Alep

02/03/2013 10:42 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT

L'Iran, l'allié régional de la Syrie, a donné samedi un coup de pouce à Bachar al-Assad en le présentant comme le président légitime et annonçant sa participation à l'élection présidentielle de 2014 qui devrait être pluraliste.

Sur le terrain, l'armée a réussi à ouvrir un axe vers l'aéroport d'Alep (nord), brisant l'encerclement imposé par les rebelles et permettant d'acheminer armes et renforts dont les soldats en poste dans la seconde ville du pays ont cruellement besoin.

"Le président Assad, comme d'autres, participera à la prochaine élection, et le peuple syrien élira qui il veut" comme président, a affirmé lors d'une conférence de presse à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi.

M. Salehi a en outre répété la position officielle de l'Iran: "M. Assad demeurera le président légitime jusqu'à la prochaine présidentielle".

Le ministre iranien s'exprimait en présence de son homologue syrien Walid Mouallem, arrivé samedi à Téhéran, six jours après une visite à Moscou, l'autre allié du régime syrien.

"La crise syrienne n'a pas de solution militaire et la seule solution est un dialogue entre le pouvoir et l'opposition", a encore souligné M. Salehi.

Toutefois, selon lui, "personne ne peut demander au pouvoir syrien d'abandonner les armes", car il "n'a pas d'autre choix que de combattre les mercenaires pour rétablir le calme".

M. Assad a toujours rejeté les appels lancés par les Occidentaux, de nombreux pays arabes, la Turquie et l'opposition syrienne à quitter le pouvoir en vue d'un règlement du conflit qui perdure depuis près de deux ans dans son pays.

L'opposition refuse elle tout dialogue qui n'aboutirait pas à un départ de M. Assad. Ce dernier se montre de son côté intraitable en affirmant que ses troupes continueront le combat jusqu'à venir à bout des rebelles, qu'il assimile à des "terroristes".

Depuis la prise de pouvoir par le parti Baas en 1963, les Syriens devaient approuver tous les sept ans un candidat unique. Ainsi Hafez al-Assad a régné durant 30 ans, puis c'est son fils, Bachar, qui lui a succédé en 2000.

Son armée a fait subir samedi un sérieux revers aux rebelles en parvenant à désserer leur étau autour d'Alep et de son aéroport.

"L'armée a restauré la sécurité et la stabilité dans les villages situés sur une route internationale (...) vers l'aéroport international d'Alep", indique un communiqué de l'armée cité par l'agence officielle Sana.

Cette route à travers le désert part de Salamiyé, dans la province de Hama, et remonte vers le Nord en passant notamment par le camp palestinien de Naïrab et l'aéroport international d'Alep, fermé depuis début janvier.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la reprise de cette route par l'armée, indiquant qu'elle doit lui "permettre d'acheminer des renforts et des armes de Hama vers Alep".

"Si l'armée réussit à la garder sous son contrôle, ceci lui donnera un avantage pour se maintenir dans l'aéroport d'Alep et même dans la ville", a déclaré à l'AFP le chef de cette ONG Rami Abdel Rahmane.

Dans le Nord, près de la frontière turque, l'OSDH a fait état de "combats sanglants" entre plusieurs bataillons rebelles et les forces régulières dans les faubourgs de Raqa, parlant d'au moins 10 morts parmi les soldats, 16 dans les rangs rebelles, et de dizaines de blessés.

Selon l'agence Sana, "l'armée a repoussé des groupes terroristes armés qui procèdent à des agressions et actes de sabotage dans la banlieue nord-est de Raqa, leur infligeant des pertes considérables".

Les violences ont fait samedi 49 morts à travers le pays, dont 11 civils, 10 soldats et 28 rebelles, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

bur/sk/vl

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