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Le secrétaire d'Etat américain en Egypte pour pousser à un consensus

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Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en visite au Caire samedi afin de pousser à un consensus entre pouvoir et opposition pour sortir l'Egypte de l'impasse politique, a souligné l'importance de venir à bout de la crise économique.

"Il est primordial, essentiel, urgent que l'économie égyptienne devienne plus forte, qu'elle se remette sur pieds", a déclaré en soirée à des hommes d'affaires M. Kerry, qui effectue sa première tournée internationale depuis sa prise de fonctions le 1er février.

"Il faut parvenir à un accord avec le FMI. Il faut pouvoir inspirer confiance aux marchés", a-t-il ajouté.

L'Egypte est en négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 4,8 milliards de dollars, jugé capital pour restaurer la confiance dans l'économie, qui a pâti notamment de l'effondrement des investissements étrangers et de la chute du tourisme.

Un accord avait été conclu en novembre 2012, mais le prêt a été reporté en raison des troubles politiques. Il pourrait être signé une fois le nouveau Parlement en place, en juillet.

Le prêt nécessite "un accord politique de base entre tous les acteurs en Egypte", ainsi qu'"un consensus économique concernant les réformes" qui doivent l'accompagner, a indiqué un cadre du Département d'Etat.

Depuis l'élection en juin 2012 de Mohamed Morsi, premier président islamiste et civil d'Egypte, le pays est plongé dans des crises à répétition et divisé entre les partisans du président et une opposition hétéroclite, en majorité libérale et de gauche, chapeautée par le Front du salut national (FSN) qui a appelé à boycotter les législatives d'avril.

Les détracteurs de M. Morsi l'accusent d'avoir failli à ses engagements de régler les problèmes sociaux et économiques, et d'avoir trahi la révolution de 2011 qui a renversé le régime autocratique de Hosni Moubarak. Ils réclament un gouvernement de "salut national" avant les législatives.

Signe de l'instabilité et l'insécurité persistantes dans le pays, des protestataires ont attaqué samedi un bâtiment de la police à Mansoura, ville du nord de l'Egypte, où de nouveaux heurts ont eu lieu après la mort d'un manifestant dans la nuit, a indiqué l'agence de presse officielle Mena.

M. Kerry, qui a rencontré le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi avant des discussions en soirée avec son homologue Mohammed Kamel Amr, "travaille à établir des contacts avec le gouvernement, l'armée (...) les dirigeants politiques, les chefs d'ONG, les hommes d'affaires", selon un responsable du département d'Etat.

Le responsable américain doit rencontrer dimanche le président Morsi.

Devant le ministère des Affaires étrangères, des dizaines de manifestants ont brûlé des photos de M. Kerry, dont ils accusent le pays de soutenir M. Morsi.

Un dirigeant du FSN, Hamdeen Sabahi, a dit jeudi avoir refusé, avec un autre opposant de renom, Mohamed ElBaradei, de voir M. Kerry, en raison des pressions de Washington visant à convaincre l'opposition de renoncer à boycotter les législatives.

Le secrétaire d'Etat a cependant téléphoné à M. ElBaradei et rencontré Amr Moussa, lui aussi un dirigeant du FSN, a indiqué le cadre du département d'Etat.

M. Kerry "ne va pas leur dire ce qu'il faut faire", mais il soulignera le fait que "la seule manière de se faire entendre, c'est de participer aux élections", selon cette même source.

Après des manifestations massives et des heurts fin 2012, en janvier, les rassemblements marquant le 2e anniversaire de la révolution se sont transformés en protestations anti-Morsi, dégénérant à nouveau en affrontements qui ont fait une soixantaine de morts.

Outre Mansoura, des violences ont eu lieu samedi à Port Saïd (nord-est), où des manifestants ont mis le feu à un commissariat. Ces deux villes observent un mouvement de désobéissance civile pour protester contre la politique de M. Morsi.

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