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L'aide accordée aux rebelles prolongera la guerre, selon la Syrie et l'Iran

02/03/2013 07:44 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - La Syrie et l'Iran ont déclaré samedi que la décision de Washington de fournir de l'aide aux rebelles syriens ne fera que prolonger leur lutte pour renverser le président Bachar el-Assad, dont les troupes ont réalisé un gain stratégique majeur dans le nord du pays.

Dans un communiqué, le commandement général de l'armée syrienne a annoncé que ses soldats avaient repris le contrôle de plusieurs villages le long d'une autoroute importante près d'Alep, ramenant la stabilité à l'aéroport international de la ville.

Cette réussite pourrait changer l'issue de la bataille qui se déroule actuellement au sein de la plus grande cité de la Syrie, où les forces du gouvernement et de l'opposition s'affrontent depuis des mois.

À Téhéran, les ministres syrien et iranien des Affaires étrangères ont accusé les États-Unis d'avoir deux poids, deux mesures par rapport à la Syrie. Ils ont affirmé que l'assistance promise par le gouvernement américain ne fera que retarder la fin du conflit qui a fait selon les Nations Unies 70 000 morts depuis son début il y a près de deux ans.

C'était la première fois que la Syrie et l'Iran commentaient officiellement la promesse faite cette semaine par la Maison-Blanche de fournir 60 millions $ en aide directe et non létale aux insurgés syriens.

Prenant la parole lors d'une conférence de presse conjointe, Walid al-Moallem et son homologue iranien, Ali Akbar Salehi, ont affirmé que le sort du président Assad serait décidé par le peuple syrien à l'occasion des prochaines élections présidentielles prévues pour 2014.

«M. Assad est le président légitime de la Syrie jusqu'aux prochaines élections. Les gens sont libres de se présenter comme candidats. Mais d'ici là, M. Assad est le président de la Syrie», a tranché M. Salehi.

L'Iran est l'un des plus fidèles alliés du régime syrien et a toujours pris la défense de Bachar el-Assad.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a annoncé l'aide jeudi lors d'une conférence internationale sur la Syrie à Rome. Plusieurs pays européens devraient imiter les États-Unis dans les jours qui viennent afin d'augmenter la pression exercée sur Assad pour qu'il abandonne le pouvoir et ouvre ainsi la voie à un gouvernement démocratique.

M. Al-Moallem a soutenu qu'il était inconcevable que le gouvernement américain verse 60 millions $ à l'aile armée de l'opposition alors qu'il continue à «tuer le peuple syrien» avec les sanctions économiques qu'il impose au pays.

«S'ils voulaient une solution politique, ils ne puniraient pas la population syrienne tout en finançant les groupes de l'opposition avec de l'aide soi-disant non létale», a martelé le ministre.

Le diplomate de Damas a également prévenu que la souveraineté de la Syrie devait être respectée.

«Personne ne peut enfreindre le droit de la Syrie à la souveraineté», a-t-il dit. «Nous refusons d'être un pion sur l'échiquier de la communauté internationale.»

Les combattants de l'opposition se sont souvent plaints que le régime les surpassait en matière de puissance militaire. Les commandants rebelles affirment qu'ils doivent disposer d'armes plus sophistiquées s'ils veulent renverser Bachar el-Assad, dont la famille dirige la Syrie depuis plus de 40 ans.

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