LE CAIRE, Égypte - Le secrétaire d'État américain John Kerry demande à l'opposition et au gouvernement égyptiens de trouver un terrain d'entente qui permettra au pays de sortir de la crise économique.

M. Kerry, qui effectue présentement son premier voyage à l'étranger en tant que membre du cabinet du président Barack Obama, devait discuter samedi avec plusieurs leaders de l'opposition ainsi que le ministre des Affaires étrangères de l'Égypte. Il rencontrera le président Mohammed Morsi dimanche.

Selon des représentants du gouvernement américain, le secrétaire d'État souhaite plus particulièrement que l'Égypte mette en place les réformes nécessaires pour obtenir un prêt de 4,8 milliards $ de la part du Fonds monétaire international (FMI).

L'un d'entre eux a affirmé qu'il était très important pour le nouveau gouvernement égyptien d'avoir une économie solide et qu'un accord avec le FMI était nécessaire pour atteindre cet objectif. Pour ce faire, l'Égypte doit notamment améliorer la perception de l'impôt et baisser les subventions versées au secteur de l'énergie.

Une entente avec le FMI permettrait aussi au pays d'obtenir une aide substantielle de la part des États-Unis, dont une partie du montant de 1 milliard $ promis par M. Obama en avril dernier.

Mais l'accord est aussi conditionnel à la fin du chaos politique qui déchire le pays depuis l'arrivée de M. Morsi au pouvoir.

Les Égyptiens de centre-gauche et laïcs se sont plaints que Washington se rangeait du côté de Mohammed Morsi et des Frères Musulmans, le parti au pouvoir. Le principal groupe de l'opposition, le Front national du salut, a déclaré qu'il boycotterait les prochaines élections.

Le représentant a précisé que John Kerry ne dirait pas quoi faire au Front, mais qu'il l'encouragerait à participer au scrutin afin que ses idées et ses valeurs soient représentées, et qu'il exhorterait le président à faire preuve de tolérance.

Depuis des mois, l'Égypte est secouée par une crise politique qui a donné lieu à plusieurs vagues de manifestations ayant souvent viré à l'affrontement et à l'émeute.

L'opposition accuse M. Morsi et les Frères Musulmans, le parti dont il est issu, de suivre les traces de l'ancien dictateur Hosni Moubarak en s'assurant la mainmise sur le pouvoir et de refuser d'implanter les réformes requises tout en cherchant à instaurer un système plus religieux et conservateur.

Le président et son parti accusent en retour l'opposition d'essayer de les renverser en utilisant les protestations populaires.

La visite de M. Kerry en Égypte est la sixième escale de son périple, qui compte au total des arrêts dans neuf pays de l'Europe et du Moyen-Orient. Le secrétaire d'État se rendra ensuite en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar.