POLITIQUE

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu respecterait les critères d'admissibilité

02/03/2013 09:59 EST | Actualisé 02/05/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu respecte les critères d'admissibilité relatifs à son lieu de résidence et sa situation ne cause aucun souci.

C'est ce qu'a laissé entendre David Tkachuk, un sénateur conservateur de la Saskatchewan, également président de la Régie interne du Sénat, dans un courriel acheminé à La Presse Canadienne samedi.

La prise de position de M. Tkachuk fait suite à un reportage du quotidien La Presse, samedi, selon lequel M. Boisvenu a réclamé des milliers de dollars en allocation de logement même s'il demeure en permanence dans la région de l'Outaouais depuis un peu plus d'un an.

Selon La Presse, M. Boisvenu, qui s'est séparé de son épouse en février 2012, continue de déclarer aux autorités du Sénat que son condo situé à Sherbrooke représente sa résidence principale, même s'il ne s'y rend qu'une ou deux fois par mois.

Ce faisant, ajoute le quotidien montréalais, M. Boisvenu a été en mesure de réclamer plus de 20 000 $ en frais de subsistance au cours des 12 derniers mois. Un sénateur a droit à des allocations de logement d'environ 22 000 $ par année si sa résidence principale se trouve à plus de 100 kilomètres de la colline parlementaire.

Interrogé par La Presse vendredi, le sénateur a déclaré n'avoir rien à se reprocher car, mentionne-t-il, le condo en question représente encore sa résidence légale jusqu'à ce que le divorce soit prononcé.

«Le sénateur Boisvenu est l'un des 95 sénateurs ayant répondu de façon satisfaisante aux questions relatives à son lieu de résidence. Nous n'avons aucune inquiétude à ce sujet», a déclaré M. Tkachuk, qui a cependant refusé une requête pour une entrevue téléphonique et qui n'a pas répondu à d'autres questions qui lui ont été acheminées par courriel.

Ces nouvelles révélations ont néanmoins suscité des réactions de Nouveau Parti démocratique. Le député ontarien Charlie Angus est d'avis que le reportage de La Presse révèle des lacunes au sujet de la supervision de la chambre haute.

«Il n'existe aucune autre institution au monde que je connaisse qui vous permet d'empocher 20 000 $ en se fiant à votre simple parole. Ça soulève des questions, comme quelles autres dépenses réclament-ils», a déclaré le député de Timmins—Baie James en entrevue samedi.

M. Angus, qui est porte-parole du NPD en matière d'éthique, avait dénoncé, jeudi, le rapport du Bureau de la régie interne comme n'étant que de la poudre aux yeux.

Le député du NPD a déclaré qu'il y avait de toute évidence un problème important, mais que les sénateurs prenaient les mesures nécessaires pour se protéger.

«Nous avons besoin de davantage de responsabilités», avait-il lancé.

Des vérificateurs externes continuent d'examiner les dépenses du sénateur conservateur Mike Duffy, du sénateur libéral Mac Harb et du sénateur indépendant Patrick Brazeau, qui a été exclu du caucus conservateur au début de février en raison d'accusations criminelles dans une autre affaire.

Les vérificateurs examinent également les demandes d'indemnités de déplacement de la sénatrice conservatrice Pamela Wallin.