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Obama signe le décret pour des coupes de 85 milliards $ dans le budget fédéral

01/03/2013 02:31 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a signé un décret autorisant le gouvernement à commencer à faire des coupes de 85 milliards $ dans les comptes fédéraux, mettant ainsi en oeuvre des réductions auxquelles il s'opposait mais qu'il n'a pas pu empêcher.

M. Obama a posé ce geste vendredi, la date limite pour que le président et le Congrès s'entendent pour éviter les coupes importantes, d'une durée d'un an.

Le président avait insisté pour remplacer ces coupes, connues sous le nom de «séquestre» dans le langage budgétaire gouvernemental, par des hausses d'impôts étalées dans le temps. Les Républicains s'opposaient à tout plan englobant des hausses des impôts.

Selon le gouvernement, les réductions se traduiront par des avis de congé envoyés à des employés de l'État et à une réduction des dépenses du gouvernement sur la Défense et dans des programmes intérieurs. Le personnel militaire en service et les programmes d'aide aux personnes à faible revenus seront largement protégés des coupes.

Plus tôt vendredi, M. Obama avait blâmé les élus républicains pour avoir échoué à empêcher ces coupes budgétaires automatiques, les qualifiant de mesures de «stupides» et «arbitraires». Les républicains, eux, estiment plutôt que la faute revient au président parce qu'il a insisté pour que la solution comprenne des hausses d'impôts.

Le président avait indiqué que les effets des coupes ne seraient pas ressentis immédiatement, mais que les familles de la classe moyenne commenceraient à voir «leur vie perturbée de façon significative». M. Obama a souligné que tant que les coupes budgétaires seront en vigueur, les Américains se diront que l'économie aurait pu aller mieux si elles avaient été évitées.

«La douleur sera réelle», a déclaré le président. «Ce n'est une victoire pour personne. C'est une perte pour le peuple américain.»

Barack Obama était d'avis que les coupes budgétaires pouvaient être remplacées par d'autres mesures, mais il voulait un accord prévoyant plus de revenus gouvernementaux provenant des impôts en éliminant les échappatoires fiscales «inefficaces». Selon lui, il faudra quelques semaines ou quelques mois pour trouver une issue à l'impasse.

«Soyons clairs: rien de cela n'est nécessaire», a estimé le président. «Cela arrive à cause des choix faits par les républicains du Congrès. Nous ne devrions pas procéder à une série de coupes stupides et arbitraires.»

Le président a reçu vendredi matin à la Maison-Blanche le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, et la chef des démocrates à la Chambre, Nancy Pelosi.

Le bureau de M. Boehner a déclaré que M. McConnell et lui avaient dit au président qu'ils étaient prêts à éliminer les échappatoires fiscales, mais seulement en échange d'une baisse des impôts pour tous les contribuables, et non pour remplacer les coupes budgétaires.

M. Obama et les leaders du Congrès se sont entendus sur le fait que le Congrès devrait adopter un projet de loi pour financer les dépenses du gouvernement après la fin du mois de mars, tout en travaillant sur une façon de remplacer les coupes budgétaires par d'autres mesures, a indiqué le bureau de M. Boehner.

«Le président a eu ses hausses d'impôt le 1er janvier», a lancé M. Boehner après sa rencontre avec le président. «De mon point de vue, la discussion sur les revenus du gouvernement est terminée. La discussion porte maintenant sur le problème des dépenses ici à Washington.»

La rencontre de vendredi était la première cette année entre les deux camps au sujet de la bataille budgétaire, et elle a duré moins d'une heure. Le président, qui s'est fait demander par des journalistes pourquoi il ne pouvait forcer les leaders du Congrès à s'asseoir dans une salle et à y rester jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, a souligné que M. McConnell avait rapidement quitté la rencontre pour prendre l'avion.

«Je ne peux pas demander aux agents du Secret Service de bloquer les portes», a dit M. Obama.

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