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Obama retrouve les républicains à l'orée d'une cure d'austérité massive

01/03/2013 10:25 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama recevait vendredi les chefs de file du Congrès à la Maison Blanche, sans guère d'espoir d'éviter le déclenchement imminent d'une cure d'austérité qui risque de peser sur la croissance de la première économie mondiale.

Les hauts responsables de la Chambre des représentants, aux mains des adversaires républicains de M. Obama, et du Sénat, dominé par ses alliés démocrates, sont arrivés au siège de la présidence vers 10H05 (15H05 GMT) pour leur première réunion depuis le début de cette énième crise politico-budgétaire.

Depuis 2011, quand les conservateurs ont pris le contrôle d'une partie du pouvoir législatif, M. Obama et ses adversaires se sont affrontés sur la façon de rééquilibrer les comptes publics sur fond d'une hausse vertigineuse de l'endettement de la première économie mondiale, actuellement à plus de 16.000 milliards de dollars.

Faute d'accord de fond, les deux parties ont trouvé des solutions temporaires. L'idée, émise à la mi-2011 par la Maison Blanche et entérinée par les républicains, était de mettre en place des coupes automatiques dans les dépenses censées être suffisamment douloureuses pour inciter à négocier une solution.

C'était sans doute faire preuve de trop d'optimisme vu l'intransigeance persistante de chaque côté: M. Obama accepte le principe de coupes dans les dépenses, mais exige aussi que les plus riches paient davantage d'impôts.

Il s'agit d'un chiffon rouge pour les républicains qui ont déjà consenti en janvier, lors d'un précédent marchandage, à un alourdissement de la pression fiscale sur les Américains les plus aisés.

Les républicains responsables du blocage, assure Obama

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"Nous avons promis aux Américains que nous réduirions les dépenses de Washington, et le président a promulgué ces coupes. Les républicains ont offert au président de nombreuses solutions", a fait valoir vendredi matin le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, l'un des participants à la réunion de vendredi matin.

"Mais il n'y aura pas d'accord de dernière minute, signé en coulisses, et absolument aucun feu vert à l'augmentation d'impôts", a-t-il prévenu. En outre, les élus du Congrès sont déjà partis en week-end et ne reviendront que lundi à Washington.

La présidence démocrate sonne l'alarme depuis des jours sur les conséquences concrètes d'une amputation de 85 milliards de dollars sur les sept derniers mois de l'année budgétaire, soit 8% pour la défense et 5% pour les autres postes, en parlant de mises au chômage partiel de fonctionnaires et de dérèglements des services publics.

M. Obama a risqué de froisser ses adversaires jeudi soir en les dépeignant comme les uniques responsables du blocage. Ils ont pris le parti de "menacer notre économie avec un ensemble de coupes budgétaires automatiques et arbitraires qui vont nous coûter des emplois et ralentir la reprise", a-t-il accusé.

La veille, le président avait pourtant expliqué que les coupes n'auraient pas forcément un effet brutal mais prendraient de l'ampleur au fil des semaines. Le Fonds monétaire international a estimé à 0,5 point de pourcentage l'effet négatif de cette rigueur sur la croissance, déjà convalescente.

Le dispositif prévoyant cette austérité stipule que ce sera à M. Obama de la signifier formellement à son administration avant 23H59 vendredi soir (04H59 GMT samedi). Le gouvernement va commencer à envoyer des lettres à des centaines de milliers de fonctionnaires pour les prévenir de potentiels congés sans solde.

Cette crise devrait bientôt s'additionner à une autre, encore plus lourde de menaces: le financement de l'Etat fédéral pour les derniers mois de l'exercice 2013, qui devra faire l'objet d'un vote au Congrès avant le 27 mars, faute de quoi des services publics fermeront purement et simplement.

Le chef des démocrates au Sénat, Harry Reid, a espéré que cette nouvelle hausse des enjeux inciterait enfin les deux camps à s'entendre.

tq-ico/jca

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