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Le duo de Montréal Blue Hawaii montre un côté beaucoup plus sombre

01/03/2013 04:05 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT

TORONTO - Le premier maxi de Blue Hawaii «Blooming Summer», sorti il y a trois ans, était un instantané d'un duo des plus heureux qui revenait d'Amérique centrale avec encore du sable entre les orteils.

Le premier album long des Montréalais Alex Cowan et Raphaelle Standell-Preston, «Untogether» — disponible ce mardi —, représente une expérience tout à fait différente, pouvant s'assimiler davantage à un morne et froid hiver.

«Untogether» concerne la séparation: de l'un par rapport à l'autre (rendue nécessaire par les obligations de tournée de Raphaelle Standell-Preston avec Braids) et de la scène montréalaise fertile et tissée serrée.

«C'est un grand écart, reconnaît Alex Cowan au téléphone depuis Montréal. Nous nous sentions très mal à l'aise par rapport à notre scène culturelle, envers l'un et l'autre et envers beaucoup de choses.»

«C'est devenu rapidement sombre et triste.»

Alors que «Blooming Summer» était sorti sans grand bruit, et avec des critiques positives mais rares, le duo électronique s'est forgé une place beaucoup plus importante en vue de la sortie de «Untogether», comptant des pouces levés de sources influentes telles que Pitchfork et Fader.

Pour Cowan et Standell-Preston (connus sous les noms de Agor et Raph, respectivement), ces sceaux critiques arrivent après plus de six mois d'attente avec un album complété entre les mains.

Mettre en forme le disque n'a pas non plus été tout à fait une partie de plaisir. Il a s'agit d'un processus de six mois éreintant au cours duquel Alex Cowan et Raphaelle Standell-Preston ont à peu près jamais travaillé ensemble directement.

Bien qu'ils aient vécu dans la même maison, ni l'un ni l'autre n'y était bien souvent. Alors, une moitié du duo passait une nuit à oeuvrer sur un morceau de Blue Hawaii, et puis l'autre ajoutait sa touche plus tard.

La nature solitaire du processus a résulté dans un album, sans surprise, concernant la distance et l'aliénation, avec une symétrie des musiques et des paroles peu commune.

«Une chose que nous avons faite est de revenir et d'y ajouter des éléments pour que ce soit un peu plus optimiste», a confié Alex Cowan.

Dans «Try to Be» — l'une des rares pièces enregistrées en un seul après-midi —, Raphaelle Standell-Preston parle de remise en question et d'identité.

«J'ai seulement dit à Raph de prendre sa guitare, et elle ressentait beaucoup de frustration à propos de gens autour qui réussissaient, et il y avait un peu de jalousie, un peu de frustration — en fait juste réaliser que vous n'êtes pas la personne que vous voudriez être», a-t-il expliqué.

De tels sentiments étaient, à certains égards, causés par la prise de conscience par le duo du succès de certains de leurs pairs dans la scène émergente montréalaise, également lieu de groupes florissants tels que Majical Cloudz, Doldrums, ou Grimes — nommée deux fois aux Juno.

Alors que ces artistes ont pris leur envol à différents degrés, le duo a eu l'impression d'une certaine fracturation de la communauté musicale indépendante de Montréal, ce qui a inspiré en partie les ruminations du groupe sur la séparation.

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