POLITIQUE

Québec paiera près de 6 millions additionnels pour les soins des demandeurs d'asile

01/03/2013 05:26 EST | Actualisé 01/05/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Radio-Canada a appris que le gouvernement du Québec devra payer près de six millions de dollars additionnels pour les soins de santé de 10 000 demandeurs d'asile. Jusqu'en juin dernier, le gouvernement fédéral défrayait les montants de ces soins pour les réfugiés et les demandeurs d'asile.

Les réfugiés et demandeurs d'asile, qui viennent de pays jugés sûrs ou dont la demande a été rejetée, ne sont plus couverts.

Il en sera ainsi à la Clinique de santé des réfugiés au CLSC Sainte-Foy, qui accueille chaque année quelque 200 personnes. Plusieurs d'entre elles n'ont jamais consulté de médecin de leur vie.

Pour Antonia Maioni, professeure à l'Institut des politiques sociales et de la santé de Université McGill, « c'était une décision unilatérale de la part du gouvernement fédéral, mais aussi quelque chose qui va à l'encontre de ce que le Canada a déjà fait pendant 50 ans en matière d'aide aux réfugiés ».

Pour des raisons humanitaires, Québec a décidé d'éponger la facture. En quatre mois, le gouvernement a déjà déboursé 955 000 $ en services médicaux et 910 000 $ en médicaments. La facture continuera de grimper.

Au départ, le gouvernement pensait payer trois millions par année, mais les estimations du ministère ont bondi à 5,6 millions de dollars. Il s'agit d'une perte nette pour les provinces qui décident malgré tout de couvrir ces coûts.

Québec se demande maintenant s'il continuera à payer pour les demandeurs d'asile.

Ailleurs au pays, plusieurs provinces, dont l'Ontario, hésitent aussi à assumer le coût de ces soins de santé.

Dans plusieurs cliniques à Toronto, le désistement du gouvernement fédéral a semé la confusion.

Catherine Rouleau, directrice du programme de santé mondiale, de l'Université de Toronto, explique qu'on ne peut « pas savoir exactement ce qu'on peut ou ne peut pas offrir aux patients et les patients eux-mêmes se demandent ce à quoi ils ont droit ».

Le retrait du gouvernement fédéral constitue un revirement dans la dynamique politique du pays. Pendant longtemps, Ottawa a cherché à s'associer aux programmes de santé... même de juridiction provinciale parce qu'ils étaient politiquement populaires. La tendance semble maintenant s'inverser.

D'après le reportage d'Hugo Lavallée