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Assurance-emploi : Ottawa ne se soucie pas des travailleurs, selon le NPD

01/03/2013 02:05 EST | Actualisé 30/04/2013 05:12 EDT

Accusé par les conservateurs de se livrer avec les syndicats à de la désinformation sur la réforme de l'assure-emploi, le NPD rétorque que le gouvernement Harper ne se soucie pas de l'impact qu'aura cette politique improvisée sur les travailleurs du pays.

De passage jeudi dans une usine de Rivière de Loup où il annonçait une aide financière fédérale à l'entreprise, le premier ministre Stephen Harper a déclaré en point de presse que l'opposition à la réforme du programme d'assurance-emploi est le résultat d'une désinformation orchestrée par les syndicats.

Or, selon le député et critique en matière de travail, Alexandre Boulerice, qui a accordé une entrevue à RDI, après un examen minutieux du projet de réforme, il existe bel et bien des « problèmes importants pour plusieurs secteurs industriels, pour les régions, pour les familles », insiste-t-il.

Les travailleurs jamais consultés

Selon M. Boulerice, le gouvernement conservateur n'a jamais pris le temps de consulter les citoyens pour élaborer son projet de réforme qui a été selon lui écrit « sur un coin de table ».

Des inquiétudes qui ont été confirmées jeudi en fin de journée par la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, qui a admis que les études détaillées sur les effets de la réforme de l'assurance-emploi que le gouvernement du Québec exige depuis des semaines, n'existent tout simplement pas. La ministre affirmait pourtant le contraire 48 heures auparavant.

« Les propos de M. Harper et de Mme Finley sont révélateurs de l'arrogance des conservateurs. Si on n'est pas d'accord avec eux, bien nécessairement on est des imbéciles, des incompétents, des menteurs », a déploré Alexandre Boulerice sur les ondes de RDI.

Accusé par le gouvernement Harper de provoquer de l'inquiétude dans la population en ne retenant que des exemples extrêmes, le député néo-démocrate affirme n'avoir rien inventé.

« La réforme est claire. Si vous êtes un travailleur qui utilisez de manière fréquente le régime d'assurance-emploi, vous êtes vu comme un mauvais chômeur, un mauvais travailleur. On va vous pénaliser en vous obligeant à accepter un emploi à 80 ou 70 % de votre salaire à 100 kilomètres de chez vous et souvent dans des régions ou il n'y a pas de transports en commun », a rétorqué Alexandre Boulerice.

Ottawa ne vise pas les travailleurs saisonniers, assure Harper

Piqué par le discours des opposants à la réforme, Stephen Harper a déclaré jeudi à Rivière-du-Loup que contrairement au discours véhiculé par les syndicats, son gouvernement n'a aucune intention de pénaliser les travailleurs saisonniers.

Cette catégorie de travailleurs comme les pêcheurs, par exemple, doit avoir recours à l'assurance-emploi une partie de l'année en raison du calendrier des saisons de pêche. Un grand nombre d'entre eux se sentent directement visés par la réforme de l'assurance-emploi.

Alexandre Boulerice répond au premier ministre Harper que si c'est vraiment son intention, de l'écrire dans sa loi parce qu'actuellement, le texte de la réforme ne contient aucune exception qui tienne compte de la région, du type d'emploi ou du type d'industrie.

Selon le député néo-démocrate, la réforme, dans sa version actuelle, va heurter de plein fouet les populations des Maritmes et de l'est du Québec où se concentrent beaucoup de travailleurs saisonniers.

« C'est une pression à la baisse sur les salaires! », a-t-il dénoncé.

Selon lui, les travailleurs sont mécontents partout au pays, en Nouvelle-Écosse, au Québec, au Nouveau-Brunswick et même en Colombie-Britannique, notamment chez les travailleurs de la construction.

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