Stress et travail: jouer sur la rivalité oui, mais pas n'importe comment

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RIVALIT TRAVAIL
Pour augmenter les performances des salariés, rien ne vaut l'instauration d'un esprit commando encourageant le «nous» en opposition aux "autres". | Alamy

Voilà une étude qui ne devrait pas manquer d'interpeller les patrons dont la petite entreprise peine à tourner à plein régime. Pour améliorer la productivité de ses employés, il suffirait de les piquer au vif, en jouant sur un ressort vieux comme le monde, la rivalité. Mais pas n'importe comment.

Une nouvelle étude menée de concert par l'Université d'Exeter, l'Amherst College et l'Université de Striling vient de démontrer que les employés d'une entreprise se remettaient d'autant mieux de leurs mauvais résultats lorsque leurs concurrents directs commentaient leur échec.

Face à la critique extérieure, les salariés s'emploieraient en effet davantage à faire mentir leurs détracteurs. À l'inverse, si les critiques émanent de l'intérieur de l'entreprise, les employés rentrent alors dans une spirale négative et leurs performances ne cessent de décliner. En clair, pour augmenter les performances des salariés, rien ne vaut l'instauration d'un esprit commando encourageant le "nous" en opposition aux "autres".

La rivalité n'est pas forcément destructrice

Ce processus qui peut être appliqué dans de nombreux domaines où la performance est essentielle. Tim Rees, l'auteur principal de l'étude publiée dans le Journal of Experimental Social Psychology, a ainsi déclaré qu'une gestion prudente de la baisse de performance était "souvent la clé dans des activités comme le sport de haut niveau et les affaires".

"L'étude montre que des mesures simples et peu coûteuses peuvent facilement inverser une spirale négative en agissant sur la dynamique intergroupe et en jouant sur une saine rivalité avec la concurrence extérieure", a-t-il indiqué.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont mis au point une petite expérience. Quatre-vingt athlètes universitaires âgés de 18 à 23 ans ont été invités à lancer des fléchettes les yeux bandés. Leurs résultats étaient ensuite commentés soit par des chercheurs affiliés à leur université soit par des chercheurs travaillant pour des établissements concurrents.

Les scientifiques ont alors constaté que les participants qui avaient reçu des commentaires négatifs de la part d'un chercheur de leur propre université l'acceptaient sans broncher, tandis que ceux qui ont été critiqués par un membre d'une autre université se sont montrés plus résolus à leur prouver qu'ils avaient eu tort de les juger ainsi.

"Notre recherche montre que l'état d'esprit 'nous contre eux' n'est pas toujours négatif et destructeur. Il peut parfois être la clé pour vous remotiver et améliorer votre performance", a déclaré Jessica Salvatore de l'Amherst College. Pour Pete Coffee, de l'Université de Stirling, elle met surtout en évidence "la nécessité pour les entraîneurs sportifs comme les dirigeants d'entreprises de réfléchir sérieusement à la manière dont ils fournissent leurs commentaires en cas de productivité en berne". À méditer.

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