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Réussir l'intégration des immigrants et la loi 101, le défi de l'auteure Tania Longpré

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L'auteure Tania Longpré
L'auteure Tania Longpré

Alors que le gouvernement Marois a annoncé son intention de revoir certaines balises de la loi 101, une enseignante en francisation de Montréal a décidé d’apporter de l’eau au moulin. Comment? En proposant certaines pistes de réflexion quant à l’intégration des immigrants au sein de la société québécoise dans un ouvrage publié aujourd’hui chez Stanké.

Il faut une certaine audace pour s’embarquer dans un projet d’écriture où le contenu porte uniquement sur l’intégration des immigrants au Québec. Le sujet est parfois miné de préjugés, et un auteur risque de se faire taxer de xénophobe.

Ce défi, la professeure en francisation Tania Longpré le connaissait bien lors de l'écriture de son premier livre intitulé Québec cherche Québécois pour relation à long terme et plus, lancé en grande pompe aujourd’hui à Montréal. «C’est un sujet sensible, je le savais en commençant mon livre, mais en même temps, quand on dit que tout va bien ce n’est pas vrai», pense-t-elle.

Manque de francisation

Enseignante en francisation des immigrants depuis quelques années au sein de la Commission scolaire de Montréal, Tania Longpré a eu la chance de se familiariser avec les réalités des nouveaux arrivants. Dans ses classes de francisation, elle a l'opportunité d’échanger avec eux. Elle connaît donc leurs angoisses, leurs désirs et leurs préoccupations. Et elle le démontre bien dans son livre où les exemples de cas sont cités pour témoigner d’une réalité bien particulière.

«Il n’y a pas assez de francisation. Ils arrivent ici en se disant qu’ils vont apprendre la langue, mais on leur offre 33 semaines de cours avec un incitatif de 115$ par semaine. Ce qui donne 4$ de l’heure. C’est bien peu», estime-t-elle.

Dans un tel contexte, il est fréquent pour eux de devoir opter pour le marché du travail bien avant d’apprendre le français. Cela signifie donc que cet apprentissage ne sera jamais acquis parfaitement.

«On perd beaucoup de gens dans les cours. Parfois, ils vont connaître un peu le français, mais pas assez pour être efficaces dans le métier pour lequel ils sont formés et pour lequel nous sommes allés les chercher comme immigrant», remarque Tania Longpré.

«Il faut se poser la question comme société: Est-ce qu'on veut qu'ils s'intègrent? Et combien de personnes avons-nous les moyens d'intégrer?», dit-elle.

Tania Longpré ajoute qu’il ne faut pas perdre de vue que le Québec accueille un peu plus de 50 000 immigrants par année. «Ce n’est pas gratuit d’intégrer des immigrants. Il y a un prix à payer», poursuit-elle.

Pistes de solutions

Pour remédier à la situation, l’enseignante a réfléchi à différentes pistes de solutions. Parmi celles-ci, elle propose de revoir les quotas d’immigration, de bonifier l’aide financière, d'imposer des cours de 72 semaines de français à tous les adultes et ce, en plus d'offrir des séances d’intégration culturelle.

«Apprendre le savoir-faire dans une société est primordial pour une intégration réussie. L’intégration passe avant tout par une meilleure francisation, une intégration culturelle ainsi qu’économique», conclut-elle.

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