Le rendez-vous est donné sur la rue Chabot à Montréal. C’est à l’intérieur d’un immeuble désaffecté qu’on découvre le décor minimaliste d’un tournage très particulier. Il faut baisser la tête, passer à travers des couloirs étroits pour finalement arriver sain et sauf dans une modeste chambre soutenue par des poutres et entourée de gros mur de bétons. Bienvenue dans Bunker, le prochain long métrage du réalisateur Patrick Boivin.

C’est dans ce lieu exigu que doivent cohabiter deux soldats prêts à riposter aux menaces de l’URSS. Les deux hommes qui ne semblent pas être au courant que la guerre froide et le régime soviétique ne sont plus qu’une histoire ancienne sont prêts à envoyer des bombes atomiques sur la Russie. Ainsi Bunker nous transpose dans une terreur un tantinet anachronique. «Le film se situe quelque part dans le nord du Québec, dans une zone isolée et protégée par l’armée», explique le réalisateur en entrevue accompagné de son scénariste et acolyte Olivier Roberge.

«L’idée du film vient d’un article que j’avais lu et qui s’attardait sur la tournée à travers les États-Unis d’un ancien agent du KGB. Ce dernier expliquait aux Américains qu’il existe des bunkers toujours en activité contenant des armes nucléaires et éparpillés un peu partout sur le territoire de l’actuelle Russie», raconte le scénariste.

Plus que la menace d’une guerre atomique, c’est bien la cohabitation entre les deux soldats qui a tout de suite intéressé le réalisateur. En transposant son récit au cœur de notre Belle Province, le réalisateur pose sa caméra avant tout sur une atmosphère, celle du confinement. «J’ai tout de suite été fasciné par ce contexte militaire. Mettre deux hommes dans une situation de quasi-détention et voir comment ils réagissent aux événements qu’ils rencontrent est selon moi un vrai sujet de cinéma», déclare Patrick Boivin.

Les deux soldats en questions se nomment Gagnon et Tremblay. Pendant six mois, ils devront vivre ensemble enfermés dans le bunker. «On ne s’appelle jamais par nos prénoms, ce qui montre un peu l’état d’esprit dans lequel baignent nos personnages», affirme Patrice Robitaille (Un été sans poing ni coup sûr) qui interprète avec Martin Dubreuil (Les 7 jours du talion) le duo de militaires. «Mon personnage est silencieux, tandis que celui de Martin est bavard. On possède des caractères aux antipodes l’un de l’autre, ce qui va inévitablement créer de fortes tensions», dit-il.

Patrice Robitaille avoue avoir été intrigué par l’atmosphère «sartrienne» du film. «J’avais hâte de jouer dans le bunker. Je trouve que l’enfermement permet d’exprimer une palette d’émotions souvent originale», dit-il.

Toutefois, Bunker n’est pas un véritable huis clos. «Même si les scènes dans le bunker représentent un tiers du long métrage, on a aussi filmé à l’extérieur et sur plusieurs saisons», précise Patrick Boivin. Le tournage tire maintenant sur sa fin. Encore une ultime scène au printemps, et le réalisateur devra lui-même s’enfermer dans un autre bunker : celui de la salle de montage…

Outre Patrice Robitaille et Martin Dubreuil, Bunker met en scène Ricardo Trogi et Julien Poulin. Produit par Kinésis et doté d’un budget de 380 000 dollars le film, distribué par Séville, devrait sortir en salles à la fin de l’année 2013.

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    Martin Dubreuil (Courtoisie)

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    (Courtoisie)

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    Trogi, Dubreuil, Tremblay, Poulin et Robitaille. (Courtoisie)

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    Patrice Robitaille (Courtoisie)

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    Martin Dubreuil (Courtoisie)