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14/02/2013 05:37 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Viande de cheval: des antidouleurs retrouvés dans trois carcasses

AFP

VIANDE DE CHEVAL - Cette fois, le scandale prend une dimension sanitaire. Il ne s'agit plus seulement d'être choqué par le fait d'avoir été trompé sur la nature de la viande: des traces de substances potentiellement dangereuses ont été retrouvées.

En effet, trois carcasses de cheval provenant d'abattoirs britanniques et contenant des traces de phenylbutazone, un antidouleur potentiellement nocif pour la santé humaine, ont été envoyées en France, selon le ministre britannique de l'Agriculture David Heath.

Il précise aux députés que des traces de ce produit avaient été détectées dans huit carcasses testées au Royaume-Uni et que trois d'entre elles étaient rentrées dans la chaîne alimentaire en France. En revanche, cet antidouleur n'a pas été détecté dans les produits de la marque Findus testés au Royaume-Uni, a-t-il ajouté.

Un trader mis en cause

Par ailleurs, l'enquête qui vise à déterminer les responsables de la tentaculaire affaire "lasagnes au cheval", continue d'avance. Un nom revient désormais au centre de l'attention: Jean Fasen. Selon le quotidien The Guardian du 14 février, ce trader néerlandais reconnait avoir acheté de la viande chevaline à deux abattoirs roumains via sa société chypriote Draap Trading Ltd, puis l'avoir revendue aux fournisseurs de viande français, type Spanghero. Entreprise qui fournit notamment Findus et Picard. Pour sa défense, Jean Fasen précise néanmoins que le label indiquait clairement "viande de cheval".

Problème: l'homme est connu aux Pays-Bas pour sa condamnation pour fraudes en janvier 2012. Il avait en effet acheté massivement de la viande de cheval en Amérique du Sud pour la revendre estampillée "boeuf néerlandais" à deux entreprises françaises. Les autorités ont notamment mis la main sur des documents falsifiés, parfois avec la mention "halal". Selon la télévision néerlandaise, il avait alors écopé d'un an de prison avec sursis.

Spanghero complice?

Dans le même temps, le fournisseur Spanghero, qui a toujours nié avoir acheté de la viande chevaline, voit sa défense mise à mal par les révélations du Parisien/Aujourd'hui en France de ce jeudi. Factures à l'appui, le quotidien affirme que l'entreprise française a acheté 42 tonnes de cheval via la société Draap Trading Ltd. Soit l'entreprise que dirige le trader néerlandais Jean Fasen.

D'après ces factures, Spanghero aurait reçu du "minerai de cheval", un produit issu du désossage d'une carcasse, composé des bas morceaux (attaches de muscles, gras, quartiers les moins nobles): 18 tonnes et demie le 4 janvier, 18 tonnes le 9 janvier et 4 tonnes le 12 janvier.

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