Le nouvel album Plus personne: « De la chanson française avec du groove! » - Tomas Jensen (PHOTOS)

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TOMAS JENSEN
Thomas Jensen. (Crédit photo: Jean-François Cyr) | Jean-Francois Cyr

En 2008, Tomas Jensen laissait paraître le très apprécié Quelqu’un d’autre. Changement de cap significatif après son histoire avec les Faux-Monnayeurs. Deux ans plus tard, on avait droit à Hay que subir!, un album hispano produit avec la formation Hombre. L’an dernier, c’était au tour du disque hommage à Caetano Veloso, un projet solo. Le musicien éclectique nous revient cette fois-ci avec Plus personne, un gravé qui détonne quelque peu de son œuvre générale, mais s’inscrit néanmoins dans la continuité de Quelqu’un d’autre.

Fraichement débarqué de la scène du Lion d’or de Montréal, où avait lieu mercredi soir le lancement médiatique de son nouvel opus, Tomas Jensen admet que son nouveau-né est différent de ses plus récents projets.

« D’abord, c’est un retour aux pièces francophones et ça fait du bien. Ensuite, je dirais que cet album est plus personnel, même si je considère que c’est la suite directe de Quelqu’un d’autre. J’ai gardé mon goût pour le second degré, le ton ironique qu’on retrouvait sur le précédent disque, mais les thèmes ont changé : de la politique et du discours un peu revendicateur, je suis passé (par exemple) à celui de l’amour, ou de la relation à l’autre. Un peu d’enjeux sociaux, mais pas tellement. Plus personnel aussi parce que cette fois-ci, je me suis impliqué du début à la fin du projet : textes, musique, coréalisation (avec François Lalonde)… J’étais présent à cent pour cent. »

Tantôt délicat, tantôt accrocheur

Sur l’album Plus personne, la majorité des mélodies sont simples et les arrangements relativement dénudés. Tout cela guidé par la guitare. S’y greffent par la suite des instruments comme le piano, la batterie, et la basse. Quelques bruitages électroniques assez subtils sont aussi utilisés, mais avec parcimonie. Quant à l’écriture, elle est, disons, plus intimiste. Pensons d’ailleurs à la chanson-titre du disque.

À Ma littérature (sorte de métaphore entre les l’écriture et la femme), Jensen donne encore davantage dans la confidence. La voix est douce et sentimentaliste. Parfois a cappella, sinon accompagné de la guitare, Jensen souffle des mots qui évoquent le temps qui passe et les coups de poignard qui deviendront plus tard égratignures. Sur des ambiances dramatiques (lignes de violons) et un tantinet circassiennes, le chanteur raconte son amour… Une certaine ressemblance ici avec Alexis HK, l’auteur-compositeur-interprète français venu au Québec à l’automne.

« Je sais, on a décrit mon disque de plus pop ? À part la première pièce, Plus personne, non pas vraiment. Musique du monde ? Non plus. Possiblement ici et là, mais beaucoup moins en tout cas. Je dirais plutôt que ça sonne chanson française, avec quelques grooves qui ressemblent à ce que je faisais avec les Faux-Monnayeurs. Mais bon, c’est certainement plus posé. »

Pour le dynamisme, on pense à Mourir vite (guitare langoureuse et sympa, violon, piano, percussions) et La guerre (rythmes électroniques dansants, légère distorsion dans la voix), viennent notamment mettre du sourire à la proposition. Ne dis pas, avec ses instruments à vent et son accordéon des airs de musique du monde (mentionnons aussi Les animaux), avec lesquels Tomas Jensen s’est longuement amusé depuis des années.

Au final, l’album Plus personne est moins énergique que Quelqu’un d’autre, mais non moins accrocheur. La moitié de l’encodé, dont Partisan (style Mano Negra), renferme une bonne dose d’entrain. Soulignons aussi le travail original sur Pélican, dont le texte est déclamé par le chanteur tel un slameur français. Et que dire de la reprise de Nature Boy, popularisée par Nat King Cole dès 1948.

On ne crie pas au génie, mais dans l’ensemble c’est de la belle job.

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Filed by Myriam Lefebvre