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Les heures verticales: Louis-José Houde, dans une classe à part (PHOTOS)

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LOUIS JOSE HOUDE
Agence QMI

On s’en doutait déjà, mais il l’a prouvé de magnifique façon mercredi soir, à l’occasion de la grande première montréalaise de son troisième spectacle, Les heures verticales : vis-à-vis les autres humoristes québécois, Louis-José Houde est dans une classe à part. Le public qui a rempli à pleine capacité le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pourra vous le confirmer. Avec ce nouveau one man show, le comique s’expose au sommet de son art et en pleine possession de ses moyens. Sans exagérer, on peut affirmer haut et fort qu’il marquera sa génération comme Yvon Deschamps a imprégné celle de ses parents. Rien de moins.

C’est pour adresser un clin d’œil à l’expression Les heures verticales de l’écrivain français Louis-Ferdinand Céline, qui fait référence à ces épreuves que la vie nous envoie et devant lesquelles on doit se tenir debout et droit, que Louis-José Houde a titré ainsi sa plus récente œuvre. Articulant ses blagues autour de ce canevas, le trentenaire a puisé dans son bagage personnel et dans ces petits riens de tous les jours pour ficeler ses numéros. Avec, pour résultat, un ensemble drôle du début à la fin, toujours mordant, mais jamais vulgaire ou choquant.

Après une première partie efficace assurée par François Bellefeuille, l’artiste a ouvert la soirée en se moquant gentiment des blancs de mémoire de ses parents lorsqu’il est question de vedettes populaires, puis a enchaîné en parlant d’esclavage. Un thème lourd ? Pas quand c’est Louis-José Houde qui le brode.

« J’avais six ans quand ma mère m’a expliqué ce qu’était l’esclavage, un soir, avant de me coucher a-t-il raconté. Même le monstre en dessous de mon lit est venu se coucher avec moi parce qu’il a eu peur! »

La rencontre d’un petit camarade noir lui a ensuite permis de confronter réalité et idées préconçues. « Moi, je pensais qu’il était un esclave, et lui, il pensait que j’étais un mongole.»

Au fil de ces Heures verticales, Houde reprend la recette qui a fait le succès de ses deux premiers tours de piste : des observations de faits anodins du quotidien qu’il relève avec la candeur, le doux cynisme et le sens du punch qui lui sont propres. Avec, en prime, une sagesse et une sensibilité toutes fraîches, acquises avec le temps et l’expérience. Qu’il s’attaque au manque de savoir-vivre des écureuils en société (« avant, il y avait un jeu de séduction entre nous et eux; maintenant, ils montent sans gêne sur nos tables à pique-niques en lançant des slogans racistes comme “Fuck les castors”! »), qu’il imagine à voix haute un lion qui envoie des messages textes ou qu’il nous serve ses inimitables mimiques et expressions faciales, Louis-José atteint toujours les zones sensibles de son parterre et a le chic pour générer des images dans nos esprits.

Surfer sur la nostalgie

Certes, à 35 ans, le gaillard a vieilli et a pris de la maturité. Mais on sent que l’animateur de Dollaraclip, qui déridait les adolescents sur les ondes de Musique Plus il y a une dizaine d’années, n’est jamais très loin. C’est d’ailleurs lorsqu’il verse dans la nostalgie que Louis-José est à son meilleur. Il fallait entendre la salle peiner à reprendre son souffle entre deux rires lorsqu’il a fait l’éloge des cassettes audio de jadis, qu’on « rembobinait avec un crayon à mines » et qui passaient un mauvais quart d’heure lorsqu’on activait la fonction autoreverse.

« Pour enregistrer une chanson à la radio, il fallait attendre comme des chasseurs, pendant des jours, avec des vivres et un sac de couchage, a-t-il joyeusement vociféré. Quand l’animateur parlait sur l’introduction de la chanson, on était ensuite pognés avec la météo du 12 octobre pendant des semaines quand on l’écoutait! » Difficile de citer l’hyperactif verbomoteur à la virgule près, mais vous saisissez le propos.

Autre instant amusant, cet hommage senti aux baby-boomers, dont Louis-José admire l’énergie positive, flanqué au cœur de la performance de 90 minutes (sans entracte). Le segment où il relate avoir fait boire des shooters à sa mère (« je voyais des flashbacks d’Expo 67 dans ses yeux ») pour ensuite danser avec elle est également hilarant.

Celui qui, semble-t-il, n’est plus célibataire depuis un moment a terminé sa prestation en énumérant les manies charmantes des hommes amoureux, ces signes indéniables qui prouvent qu’un mâle est toujours épris de sa douce… et en discourant sur les désagréments du sommeil à deux.

D’emblée, on peut d’ores et déjà prédire que Louis-José Houde égrainera ses Heures verticales sur les routes du Québec pendant quelques années. Il sera d’ailleurs de retour à Montréal pour une série de supplémentaires, du 6 au 9 mars et du 24 au 27 avril, mais ces représentations affichent déjà complet.

Site officiel:
www.louisjosehoude.com

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