F-35: les coûts élevés pourraient entraîner une baisse des achats d'armes

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OTTAWA - Si le gouvernement Harper va de l'avant avec son controversé programme des chasseurs F-35, les appareils furtifs pourraient ne pas larguer autant de bombes ou tirer autant de missiles que prévu.

La Défense nationale a grandement revu à la baisse les sommes qui seraient versées pour armer le chasseur multitâches, selon un document de la Bibliothèque du Parlement déposé cette semaine.

L'analyse tente de dresser un portrait clair des estimations de coûts conflictuelles qui plombent le service des acquisitions depuis que le ministre de la Défense Peter MacKay a annoncé en 2010 que le chasseur fabriqué par Lockheed Martin remplacerait les CF-18.

Au printemps dernier, le vérificateur général Michael Ferguson a critiqué la Défense pour avoir sous-estimé les coûts du programme, et ne pas avoir inclus les estimations pour l'utilisation des avions dans un futur lointain.

Le nouveau document de recherche détaille la réponse du ministère à M. Ferguson comparativement à de précédentes déclarations, et dresse la liste d'une série de révisions, incluant d'importantes compressions dans les montants prévus pour l'achat de munitions, les infrastructures et la gestion de projet.

Le montant en question prévu par la Défense pour armes a été établi à seulement 52 millions $ pour les 30 années de vie utile envisagées pour les chasseurs, comparativement à des estimations de 270 et 300 millions $ dans deux rapports précédents.

Les bombes et missiles modernes sont coûteux. Les munitions guidées au laser coûtent en moyenne 24 000 $ l'unité, tandis que les missiles air-sol Hellfire se détaillent à 58 000 $ pièce.

Les missiles air-air Sparrow sont les plus chers, avec un prix de 125 000 $ chacun.

Selon Paul Maillet, un colonel de l'armée de l'air et planificateur militaire à la retraite, la révision des montants est «frappante».

Dans un rapport datant de décembre dernier, le secrétariat des Travaux publics qui est désormais responsable du dossier F-35 a noté que certains stocks d'armes appartenant aux CF-18 pourraient être conservés pour les chasseurs furtifs.

Le document indique qu'«au cours du cycle de vie de la flotte de remplacement, l'acquisition de nouvelles armes sera considérée et financée sous la forme de projets séparés».

M. Maillet a souligné que de difficiles questions devaient être posées à propos de la révision, et ce peu importe si le gouvernement a décidé de ne pas aller de l'avant avec l'achat. Le secrétariat sur le F-35 mène une analyse des marchés pour déterminer quel avion autre que le F-35 est disponible pour remplacer les CF-18.

Aux yeux de M. Maillet, qui a travaillé sur l'acquisition de la flotte actuelle de chasseurs, financer les armes séparément consiste à faire sortir des livres comptables des frais à long terme, un geste qui viole l'esprit de la comptabilité complète.

Cette décision pourrait également signifier que l'armée de l'air envisage de modifier le rôle du F-35, le transformant en quelque chose tenant davantage de la plate-forme de surveillance que d'un chasseur de combat, a ajouté M. Maillet.

En faisant appel à la firme comptable KPMG, le secrétariat du F-35 a ordonné sa propre analyse indépendante des estimations souvent conflictuelles présentées l'an dernier par la Défense.

L'organisme a dévoilé jeudi un document détaillant la prochaine étape d'analyse des données chiffrées pour le rapport de cette année.

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