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Benoît XVI pourrait encore influencer son successeur après sa retraite

14/02/2013 04:29 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT
AFP

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Les observateurs se demandaient jeudi quelle influence aura Benoît XVI sur son successeur, après que le Vatican eut confirmé que le plus proche conseiller du pape démissionnaire continuerait de le servir en tant que secrétaire privé, tout en gérant la résidence du nouveau souverain pontife.

Pour le deuxième jour consécutif, Benoît XVI a envoyé des messages sans équivoque à son successeur et aux cardinaux qui l'éliront quant à la direction que doit prendre l'Église catholique quand il ne sera plus pape. Même si ces commentaires ont été présentés comme le chant du cygne de Benoît XVI, son influence après sa retraite fait l'objet d'un intense débat.

La renonciation du pape, qui entrera en vigueur le 28 février, crée une situation inédite depuis près de 600 ans: l'Église catholique aura à la fois un pape en exercice et un pape à la retraite. Le Vatican insiste sur le fait que Benoît XVI cessera d'être pape à 20 h en ce jour historique, et qu'il se dédiera ensuite à une vie de prière.

Mais le Vatican a confirmé jeudi que le secrétaire privé du pape, monseigneur Georg Gäenswein, âgé de 56 ans, resterait à ce poste et vivrait avec Benoît XVI dans sa maison de retraite du Vatican. Il travaillera aussi chaque jour au palais du Vatican, où il occupera les fonctions de préfet de la maison pontificale.

Ce double rôle renforce les inquiétudes exprimées en privé par certains cardinaux, qui craignent que Benoît XVI, en restant au Vatican et en ayant un secrétaire privé qui travaille aussi avec le nouveau pape, continue d'exercer une certaine influence sur son successeur et sur la gouvernance de l'Église.

Questionné au sujet de ce conflit potentiel, le porte-parole du Vatican, le père Frederico Lombardi, a déclaré que le travail de préfet de la maison pontificale est très technique et consiste notamment à organiser les audiences du pape. Cette fonction ne comprend aucun rôle de gouvernance ou de doctrine, a-t-il dit.

«En ce sens, je ne crois pas que ce soit un problème profond», a déclaré le père Lombardi.

Après le pape, Mgr Gäenswein est la personnalité la plus visible du Vatican. Surnommé «le beau George» pour son apparence avantageuse, il a figuré en une de l'édition italienne du magazine «Vanity Fair» le mois dernier, sous le titre: «Ce n'est pas un crime d'être beau».

Il est le secrétaire privé de Benoît XVI depuis 2003, mais les deux hommes ont travaillé ensemble pendant des années à la Congrégation pour la doctrine de la foi, que Benoît XVI dirigeait avant de devenir pape en 2005.

On le voit presque toujours à côté du pape: il tient ses lunettes, se déplace avec lui dans la «papemobile» lors des visites à l'étranger et l'accompagne lors de ses promenades.

Mgr Gäenswein parle au nom du pape et sa présence lors de lancement de livres ou d'événements organisés par le Vatican témoigne de l'approbation du souverain pontife.

Une chose est sûre: le nouveau pape pourra choisir un nouveau préfet de la maison pontificale dès son élection. Les rumeurs laissent par ailleurs entendre que Mgr Gäenswein pourrait être nommé archevêque en Allemagne, son pays d'origine.

Mais pour la transition à court terme, le double rôle de Mgr Gäenswein auprès de l'ancien et du nouveau pape pourrait créer des problèmes, estime John Thavis, ancien correspondant au Vatican pour l'agence américaine Catholic News Service et auteur d'un livre sur le Saint-Siège.

«Nous avons le pape Benoît XVI qui vivra dans un supposé isolement, mais qui sera lié quotidiennement au nouveau pontificat par cet intermédiaire», a-t-il dit. «Il est difficile d'imaginer que Mgr Gäenswein ne transmettra pas certaines formes d'information, de réflexion et d'opinion» entre le pape démissionnaire et son successeur, a-t-il estimé.

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