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Canada: HRW accuse des policiers de violences sur des femmes amérindiennes

13/02/2013 04:40 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Des membres de la police fédérale du Canada auraient brutalisé et agressé sexuellement des femmes amérindiennes dans l'ouest canadien, a accusé mercredi Human Rights Watch (HRW), des allégations que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a assuré prendre "très au sérieux".

La peur que ressentent ces femmes à l'égard de la police est semblable à celle que l'organisation de défense des droits de l'homme a constatée chez des victimes de violations des droits de l'homme dans des pays comme l'Irak ou la Libye, souligne HRW dans un rapport de 89 pages.

"La menace de la violence conjugale gratuite d'un côté, et les mauvais traitements de la part des agents de la Gendarmerie royale du Canada de l'autre, laissent les femmes autochtones dans un état constant d'insécurité", a déclaré Meghan Rhoad, responsable des droits des femmes à Human Rights Watch, lors d'une conférence de presse.

La GRC a dit prendre ces allégations "très au sérieux".

"Il est impossible", a-t-elle toutefois ajouté, "de s'occuper de plaintes aussi sérieuses et publiques quand rien ne nous permet de savoir qui sont les victimes ou les accusés". Le rapport n'identifie aucun policier ni aucune victime et ne mentionne pas de date spécifique.

HRW, ainsi que l'opposition politique à Ottawa ont demandé une enquête publique, requête qui a été rejetée par le gouvernement conservateur.

Dans le cadre de son enquête, l'organisation a interviewé 42 femmes adultes et 8 mineures dans dix communautés amérindiennes du nord de la Colombie-Britannique, en juillet et août 2012.

Ces femmes ont fait part d'un usage excessif de la force par des policiers lors d'arrestations ou de mauvais traitements subis en détention.

"Je n'oublierai jamais ce jour-là", a déclaré une femme identifiée seulement comme Lena G., dont la fille âgée de 15 ans a eu le bras cassé par un policier après que la mère eut appelé la police à l'aide lors d'une dispute entre son adolescente et son petit ami violent. "C'est la pire chose que j'ai faite. J'aurais préféré ne pas les avoir appelés".

Une autre femme dit avoir été victime d'une fouille corporelle à nu par un policier, tandis qu'une autre a déclaré que quatre policiers l'avaient emmenée dans un endroit éloigné, l'avaient violée et menacé de la tuer si elle en parlait à quiconque.

jl/via/mdm

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