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Vallée de Crémisan: ultime recours contre le mur de séparation israélien

12/02/2013 01:35 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

Une association catholique de défense des droits de l'Homme basée à Jérusalem a demandé mardi devant la justice l'abandon du projet de construction du mur de séparation israélien qui menace de disparition la vallée de Crémisan, près de Bethléem, a constaté l'AFP.

Mandatée par les évêques catholiques de Terre sainte, la société St-Yves de Jérusalem a présenté un ultime recours contre ce projet devant la cour d’appel de Tel Aviv. Aucune date n'a été précisée pour le jugement.

Depuis plus d'un siècle, les Palestiniens chrétiens de Beit Jala, près de Bethléem (Cisjordanie), cultivent les coteaux de Crémisan, célèbres pour leur vignoble --qui produit le vin de messe de Terre sainte-- et leur communauté monastique salésienne.

Mais la construction de la barrière de séparation israélienne, que les Palestiniens ont baptisé "mur de l'apartheid", doit couper Bethléem, Beit Jala et les villages voisins de la vallée de Crémisan qui va basculer du côté israélien de la clôture.

Les Palestiniens de la région sont convaincus que le tracé du mur a pour objectif de les spolier de leurs terres. Ils accusent Israël d'avoir programmé l'annexion des zones limitrophes de Bethléem afin de séparer cette ville palestinienne de Jérusalem, distante de seulement cinq kilomètres.

En octobre 2012, l’Assemblée des évêques catholiques de Terre sainte (AOCTS) avait condamné le tracé planifié par le projet du mur dans la vallée de Crémisan en indiquant dans un communiqué que "les décisions de confiscation vont affecter le village d’Al Walaja, ainsi que la vie de 58 familles chrétiennes de Beit Jala, dont la subsistance dépend essentiellement de cette terre". Deux congrégations locales salésiennes, installées depuis 1891, sont également touchées par le projet de barrière.

"Les plaignants veulent que l'itinéraire de la barrière soit déplacé en dehors de la vallée de Crémisan. Ils ne disent pas quel tracé elle devrait suivre mais ils demandent qu'elle passe ailleurs, là où la communauté sera moins affectée", a déclaré à l'AFP Anica Heinlein, porte-parole de la société St-Yves.

La plainte des agriculteurs de Crémisan, un vallée pittoresque de 170 hectares, remonte à 2006.

Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé cette barrière illégale et exigé son démantèlement, de même que l'Assemblée générale de l'ONU.

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