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Syrie: offensive généralisée rebelle contre des aéroports du nord

12/02/2013 08:20 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

Les rebelles se sont emparés mardi d'une importante base aérienne près de la ville de Raqa dans le nord de la Syrie, dans le cadre d'une offensive généralisée pour prendre le contrôle des aéroports et renforcer leur emprise sur cette région.

Alors que l'armée loyaliste est sur la défensive, des partisans du chef de l'Etat Bachar al-Assad ont appelé à un grand rassemblement mardi prochain sur une des principales places de Damas sous le thème de la "résistance contre le terrorisme", ont indiqué les organisateurs.

"Des rebelles de plusieurs bataillons islamistes" ont pris le contrôle de l'aéroport militaire d'Al-Jirah, sur la route entre Raqa et Alep, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les rebelles, dont cinq ont été tués, ont tué, blessé ou capturé une quarantaine de soldats.

"Le reste des troupes s'est retiré de l'aéroport, abandonnant plusieurs avions de combat et de grandes quantités de munitions", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, soulignant que "les rebelles effectuent des avancées très rapides dans cette zone".

Une source militaire à Alep a confirmé à l'AFP la prise par les rebelles, "à l'issue de plus de 48 heures de violents combats", de l'aéroport militaire de d'al-Jirah, également nommé Kachich.

Selon cette source "il s'agit d'un très petit aéroport" qui avait été "vidé des avions militaires et des munitions peu avant le retrait" des soldats, et il ne restait plus que "de très petites quantités de munitions inutilisables et quelques avions hors service depuis longtemps".

Cette source a démenti que des attaques aient été lancées sur d'autres aéroports.

Dans une vidéo diffusée sur You Tube, les combattants islamistes d'Ahrar al-Cham ont affirmé avoir participé à la prise de l'aéroport de Kachich, aux côtés de deux autres unités de rebelles.

La vidéo montre plusieurs caisses de munitions et des avions militaires stationnés sur le tarmac, dont deux MiG, alors que le cameraman affirme "les avions MiG sont entre les mains d'Ahrar al-Cham".

C'est la première fois que des avions militaires de ce type tombent entre les mains des rebelles depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011.

Récemment, les rebelles avaient pris un petit aéroport militaire dans la province de Damas où se trouvaient quelques avions hors service, ainsi que celui de Taftanaz, dans la province d'Idleb (nord ouest) abritant des hélicoptères également hors service.

Cette dernière conquête intervient au moment où plusieurs bataillons islamistes ont annoncé dans un communiqué "le début à l'aube d'une vaste attaque contre les aéroports civil d'Alep et militaire d'al-Nairab".

"Les combattants rebelles dans le nord concentrent leurs attaques sur les aéroports et postes militaires", a affirmé à l'AFP depuis Alep le journaliste militant Abou Hicham.

"Ils sont une source constante de munitions et autres biens, et (...) leur capture empêche l'utilisation des avions de combats pour nous bombarder", a indiqué Abou Hisham via internet.

Dans ce contexte, des partisans de M. Assad veulent manifester leur soutien au chef de l'Etat. "Nous voulons montrer que le peuple syrien est uni et ne sera pas divisé", a affirmé à l'AFP Zahra Osmane, 23 ans, du groupe "Réunissons-nous".

Après une explosion meurtrière survenue lundi à un poste-frontière entre la Turquie et la Syrie, le Premier ministre turc a indiqué qu'il s'agissait d'un attentat à la bombe.

Recep Tayyip Erdogan a insisté que son pays "prendra sans hésitations les mesures nécessaires" lorsque cet attentat serait "entièrement élucidé". La presse turque soupçonne les services secrets syriens d'en être responsable.

Par ailleurs, un vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Meqdad, a exprimé l'espoir que la nouvelle administration américaine change de position concernant le conflit qui secoue la Syrie depuis près de deux ans.

Ces deux années de crise ont un coût exorbitant. Le ministre syrien de l'Electricité Imad Khamis a estimé que les coupures de courant "provoquées par des actes de sabotage" selon lui, ont fait perdre 2,2 milliards de dollars à l'économie du pays.

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