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Nouvel essai nucléaire nord-coréen, réunion d'urgence au Conseil de sécurité

12/02/2013 10:48 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

La Corée du Nord a procédé mardi à son troisième essai nucléaire, d'une puissance bien supérieure aux deux précédents, provoquant une avalanche de condamnations et une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

"Un troisième essai nucléaire a été mené avec succès", a annoncé l'agence officielle KCNA. "Ce test nucléaire de haut niveau avait, contrairement à ceux du passé, plus de puissance explosive et a utilisé un engin miniaturisé et plus léger".

Le Conseil de sécurité de l'ONU, dont la présidence tournante est assurée par la Corée du Sud pour le mois de février, a entamé, peu après 09H00 (14H00 GMT) des consultations à huis clos.

Selon un diplomate d'un pays membre du Conseil, les 15 pays ne devraient pas adopter d'emblée un durcissement des sanctions contre Pyongyang mais clairement affirmer leur "intention" de le faire ultérieurement. "J'espère qu'il y aura davantage qu'une simple déclaration", a pour sa part déclaré aux journalistes l'ambassadeur français Gérard Araud.

Ses tirs de fusée et ses essais nucléaires ont valu à Pyongyang toute une série de sanctions internationales depuis 2006, dont des interdictions de voyager pour des responsables du régime communiste.

L'explosion détectée mardi a atteint une magnitude de 5,0 sur l'échelle de Richter, contre 4,2 lors du précédent essai réalisé par la Corée du Nord en 2009, selon l'agence de contrôle des essais nucléaires (CTBTO), dont le siège est à Vienne.

Le président américain Barack Obama a dénoncé un acte "provocateur" et appelé à une action internationale "rapide" et "crédible" de la communauté internationale. "La Corée du Nord représente une menace sérieuse pour les Etats-Unis et nous devons nous y préparer", a ajouté le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta.

En Asie, le Japon et la Corée du Sud ont vivement critiqué l'opération nord-coréenne.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a fait part de "la ferme opposition" de Pékin au geste nord-coréen, sans employer toutefois le mot "condamnation". Pékin, seul allié de poids de Pyongyang, avait prié son voisin communiste de ne pas effectuer un troisième essai nucléaire.

Un diplomate à l'ONU a estimé, sous le couvert de l'anonymat, que le geste des Nord-Coréens était "un vrai défi lancé aux Chinois".

L'Iran, accusé par les Occidentaux de chercher à fabriquer l'arme atomique malgré ses dénégations, a désapprouvé Pyongyang, estimant qu'"aucun pays" ne devait posséder d'arme atomique.

L'utilisation d'un engin miniaturisé est source d'inquiétude pour les puissances internationales, car elle laisse entendre que Pyongyang maîtrise désormais la délicate technologie permettant de fabriquer une bombe suffisamment petite pour être fixée sur une ogive.

Jusqu'à présent, l'incertitude demeurait sur la capacité du régime communiste à développer une tête nucléaire pour missile à longue portée.

Si Pyongyang est effectivement parvenu à mettre au point une bombe miniaturisée, la donne serait radicalement changée. D'autant que le Nord a réussi début décembre à envoyer dans l'espace une fusée, progrès significatif dans sa technologie balistique.

Le ministère sud-coréen de la Défense estime entre 6 et 7 kilotonnes la puissance de l'explosion de mardi, contre seulement un kilotonne pour le test de 2006, et entre deux et six pour celui de 2009. La bombe atomique larguée par les Américains sur Hiroshima était de 15 kilotonnes. Le Bureau du directeur du renseignement national américain (ODNI) a évoqué de son côté un essai d'une puissance de "plusieurs kilotonnes".

Le Nord a précisé avoir mené ce test "dans le cadre de mesures visant à protéger (sa) sécurité nationale et (sa) souveraineté contre l'hostilité incessante des Etats-Unis, qui ont violé le droit de (sa) république à mener des lancements pacifiques de satellite", selon un communiqué de KCNA.

Les analystes notent que le test a eu lieu à quelques heures du discours sur l'état de l'Union de Barack Obama.

"La tactique (nord-coréenne) est de créer une situation de crise et de presser la communauté internationale de négocier avec eux", estime Masao Okonogi, professeur à l'université Keio au Japon.

Le Nord "ne va certainement pas s'arrêter là et il va faire traîner cette crise nucléaire jusqu'en juillet, lorsque Washington célèbrera le 60e anniversaire du cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-1953)", ajoute l'analyste. Pyongyang veut que cet armistice soit transformé en traité de paix, jamais conclu depuis 60 ans, selon le professeur.

La secousse s'est produite à 11H57 (02H57 GMT) et son épicentre était dans la région de Kilju (nord-est), où se trouve le site de Punggye-ri utilisé par le Nord pour les tests nucléaires.

Elle a été ressentie dans la province du Jilin, mitoyenne de la Corée du Nord. "Cela a tremblé moins d'une minute, mais aucun bâtiment ne s'est effondré", a raconté à l'AFP une habitante de cette région du nord-est de la Chine.

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