NOUVELLES

Maroc: poursuite des auditions des accusés sahraouis par la cour militaire

12/02/2013 05:32 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

L'audition des 24 Sahraouis accusés du meurtre de membres des forces de l'ordre lors du démantèlement du camp de Gdim Izik fin 2010, se poursuit devant la cour militaire de Rabat, après le rejet de la requête de la défense, qui réclamait un jugement devant une juridiction civile.

Au terme d'une nouvelle journée marathon lundi, 18 des 24 accusés avaient été auditionnés, selon l'agence marocaine MAP, qui a précisé que tous avaient plaidé non coupable. Les auditions devaient se poursuivre mardi au sujet des émeutes meurtrières déclenchées par l'évacuation d'un camp de contestataires au Sahara occidental.

Ces 24 personnes sont poursuivies pour "constitution de bandes criminelles, violences sur des forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres". Selon des ONG, ils risquent la peine de mort.

Invoquant "l'absence de bases juridiques", le tribunal militaire a rejeté vendredi dernier le recours des avocats de la défense qui contestaient un jugement devant une telle juridiction.

Le procès, qui s'est ouvert au début du mois après plusieurs reports, est suivi par nombre d'observateurs internationaux compte tenu de la sensibilité de la question du Sahara occidental, région contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes.

Face aux familles des membres des forces de l'ordre qui réclament justice et rejettent toute instrumentalisation politique, des militants pro-sahraouis dénoncent --au même titre que l'ONG Amnesty International-- le recours à la justice militaire et évoquent des "actes de torture" contre les accusés.

Des sit-in rivaux ont eu lieu devant le tribunal, mais sans incident.

A l'aube du 8 novembre 2010, les forces de l'ordre étaient intervenues à Gdim Izik, au Sahara occidental, pour démanteler un campement contestataire comptant alors, selon l'ONU, jusqu'à 3.000 tentes.

Cette intervention avait dégénéré en violents affrontements puis en une émeute à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental, où des administrations et commerces avaient été incendiés. Selon Rabat, 11 membres des forces de l'ordre avaient été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés.

Ex-colonie espagnole, le Sahara occidental est contrôlé par le Maroc, qui lui propose une large autonomie sous sa souveraineté. Mais le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination.

gk/cnp

PLUS:afp