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Mali: John Baird n'est pas intéressé par les conseils de l'ancien otage Fowler

12/02/2013 04:42 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre canadien des Affaires étrangères a soutenu mardi qu'il n'était pas intéressé à obtenir, sur la question du conflit au Mali, les conseils de l'ancien diplomate Robert Fowler, qui a été retenu en otage par al-Qaïda dans ce pays.

John Baird a reconnu qu'à titre d'ancien diplomate, M. Fowler possédait certes une éminente expérience sur le dossier, mais qu'il pouvait lui-même compter sur quelque chose d'encore mieux, soit une équipe entière au ministère des Affaires étrangères.

Devant un comité des affaires étrangères de la Chambre des communes, le ministre Baird a ajouté qu'il ne souhaitait pas se lancer dans un débat avec un ancien diplomate.

Il y a quatre ans, Robert Fowler et un autre diplomate canadien, Louis Guay, ont été directement confrontés à la montée de l'islamisme radical en Afrique. Ils ont été enlevés et retenus en otage au Mali pendant 130 jours par le Maghreb islamique, succursale d'al-Qaïda dans cette région de l'Afrique.

Avant le témoignage du ministre, Robert Fowler avait affirmé devant le comité multipartite de députés que John Baird n'avait pas demandé à le rencontrer afin de bénéficier de son expérience unique en ce qui a trait aux menaces que font planer les groupes terroristes sur l'Afrique de l'Ouest.

Interrogé par Paul Dewar, porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, l'ancien diplomate a affirmé que John Baird n'avait pas cherché à obtenir ses conseils.

«J'ai parlé avec d'autres gens au sein du gouvernement, surtout après mon retour», a-t-il indiqué.

Robert Fowler s'est montré critique face au gouvernement Harper qui, selon lui, n'en fait pas assez pour appuyer les troupes françaises et africaines au Mali, où les mêmes terroristes qui étaient derrière son enlèvement ont pris le contrôle de certaines villes du nord du pays avant d'être chassés par les forces d'intervention.

Il en a remis, mardi, en affirmant devant le comité que le gouvernement devait mettre fin aux compressions budgétaires imposées aux services extérieurs canadiens — des mesures qui nuisent aux intérêts internationaux du Canada, d'après lui.

Robert Fowler a ainsi dénoncé la fermeture d'ambassades alors même qu'une montée de l'islamisme radical menace l'Afrique de l'Ouest.

Le budget du ministère des Affaires étrangères, qui est actuellement de 2,6 milliards $, sera amputé de 170 millions $ au cours des deux prochaines années. La vente de résidences officielles devrait aussi permettre au gouvernement d'engranger des revenus avoisinant les 80 millions $.

«Nous allons à contre-sens, a témoigné M. Fowler. Je comprends que la vie est dure et que les budgets sont serrés (...) Mais je crois que le Canada a des intérêts à protéger. Nous n'avons pas beaucoup fait cela ces derniers temps.»

Selon lui, des forces spéciales canadiennes pourraient aider l'armée française, et les Forces armées pourraient apporter un soutien logistique.

Le ministre John Baird a déclaré aux députés qu'Ottawa évaluait ses options prudemment et que le gouvernement n'avait pas l'intention de prendre des décisions de façon précipitée. Il a dit vouloir éviter «un nouvel Afghanistan dans cette région».

La France a lancé une intervention militaire au Mali le 11 janvier dernier afin de chasser les islamistes, qui avaient pris le contrôle dans le nord du pays, et de freiner leur marche vers le sud. Depuis, elle a réussi à repousser les rebelles.

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