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La loi sur le mariage gai adoptée par l'Assemblée nationale française

12/02/2013 02:31 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

PARIS - L'Assemblée nationale française a approuvé mardi un vaste projet de loi légalisant le mariage gai et l'adoption pour les couples de même sexe, accordant une victoire législative majeure aux socialistes du président François Hollande sur un dossier hautement controversé.

La mesure, approuvée par 329 voix contre 229, permettra à la France de se joindre à la dizaine de pays qui autorisent le mariage homosexuel. Elle survient après une série de manifestations des opposants au projet de loi sur le «mariage pour tous».

Les sondages indiquent qu'une majorité des Français soutiennent la légalisation du mariage gai, mais cet appui diminue quand il est question d'adoption ou de conception d'enfants par des couples homosexuels.

L'Assemblée nationale a débattu du projet de loi et voté sur ses articles individuels au cours des dernières semaines. Le projet sera maintenant soumis au Sénat, qui est aussi dominé par les socialistes et leurs alliés.

La France suit donc le Royaume-Uni, qui a également légalisé le mariage gai et l'adoption pour les couples de même sexe récemment. Les seuls autres pays à avoir légalisé le mariage homosexuel sont les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège, l'Espagne, l'Argentine, le Canada et l'Afrique du Sud, en plus de neuf États américains et du District de Columbia.

Le dossier a exposé les divisions entre la majorité progressiste de gauche et les racines conservatrices de la France. Les opposants au projet, dont de nombreux catholiques, estiment que le mariage gai menace la famille traditionnelle. Les socialistes, de leur côté, ont tenté de présenter le dossier comme une question d'égalité s'inscrivant dans la devise française, «Liberté, égalité, fraternité».

«Cette loi va étendre à toutes les familles les protections garanties par l'institution du mariage», a déclaré le premier ministre Jean-Marc Ayrault avant le vote. «Et contrairement à ceux qui vocifèrent — mais heureusement ils sont minoritaires —, ce vote, cette loi, va renforcer l'institution du mariage.»

Comme c'est le cas pour toute réforme législative majeure en France, le dossier a suscité une bonne dose de démagogie politique durant les semaines du débat. Les opposants conservateurs ont forcé l'étude de près de 5000 amendements, un geste que les socialistes ont qualifié de tactique dilatoire sans conséquence.

Mais la droite n'a pas dit son dernier mot et veut que la Cour constitutionnelle, dont les 12 membres comprennent trois anciens président et d'autres personnalités conservatrices, détermine si la légalisation du mariage gai est conforme aux lois du pays.

«Ce n'est pas encore la fin de l'histoire», a déclaré Hervé Mariton, membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le principal parti de l'opposition. «Nous avons encore des arguments à présenter et nous voulons convaincre les gens que ce n'est pas un bon projet.»

Le gouvernement n'a pas obtenu tout ce qu'il voulait. Le mois dernier, les socialistes ont abandonné l'idée de lier la loi sur le mariage gai à des mesures permettant de relâcher les restrictions sur les traitements de fertilité, après avoir été critiqués pour leur position sur la procréation assistée. Le dossier devrait être abordé dans un projet de loi distinct plus tard cette année.

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