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La Corée du Nord bouscule le discours sur l'état de l'Union d'Obama

12/02/2013 11:56 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

L'essai nucléaire en Corée du Nord risque de bousculer le discours sur l'état de l'Union de Barack Obama, qui a prévu mardi de consacrer son intervention à un appel à doper la reprise économique et à l'annonce d'un retrait de la moitié du contingent en Afghanistan.

M. Obama devrait profiter de ce discours annuel devant le Congrès pour plaider en faveur d'une réduction de l'arsenal nucléaire dans le monde, sans pour autant faire d'annonce précise, un sujet brûlant après l'essai nucléaire effectué 24 heures plus tôt par Pyongyang et qualifié de "provocateur" par le président.

Exercice à visée de politique intérieure, le discours sur l'état de l'Union, à partir de 21H00 (02H00 GMT) au Capitole de Washington, va toutefois mentionner cette année au moins un autre dossier international, l'Afghanistan.

Le président Obama va en effet annoncer son objectif de rapatrier dans les 12 mois à venir plus de la moitié des 66.000 soldats américains déployés sur place, revenant peu ou prou au niveau qu'il avait trouvé en arrivant au pouvoir en janvier 2009, selon un responsable au courant de la teneur de son discours.

Si ce plan se déroule comme prévu, il ne restera plus que 32.000 militaires américains dans le pays à dix mois de la fin 2014, date prévue pour le retrait des forces de l'Otan 13 ans après l'intervention militaire décidée dans la foulée du 11-Septembre.

Sur le plan intérieur, le fil conducteur du discours présidentiel devrait à nouveau être l'économie et à la façon de l'extraire des conséquences de la récession de 2007-2009, alors que la croissance reste encore anémique et que le chômage est remonté à 7,9% en janvier, trois points de plus qu'il y a cinq ans.

Nettement réélu en novembre dernier après une campagne centrée sur la défense de la classe moyenne, M. Obama estime bénéficier du soutien d'une majorité d'Américains pour son projet: investissements dans les infrastructures, la formation et les énergies dites "vertes", et rééquilibrage de la fiscalité.

Les républicains, majoritaires à la Chambre et détenteurs d'une minorité de blocage au Sénat, défendent quant à eux une maîtrise des déficits si besoin à marche forcée, et restent hostiles à toutes dépense gouvernementale et hausse d'impôts supplémentaires.

"Certains médias affirment déjà que nous allons subir une nouvelle litanie de propositions gauchistes, avec plein de morceaux de choix pour la base du président. J'espère que ce ne sera pas le cas. La campagne est terminée, et si le président a l'intention d'accomplir de bonnes choses pour le pays dans les mois à venir, il faudra qu'il passe par une Chambre contrôlée par les républicains", a prévenu le chef de la minorité au Sénat, Mitch McConnell.

M. Obama défendra aussi un contrôle renforcé de la circulation des armes à feu dans la foulée du massacre d'écoliers à Newtown (Connecticut, nord-est) en décembre.

Plusieurs élus démocrates ont invité des familles de victimes de fusillades à assister au discours et la "première dame" Michelle Obama a convié les parents d'une lycéenne qui avait été tuée par balle à Chicago peu après avoir défilé à Washington pour l'investiture le 21 janvier.

M. Obama parlera en outre d'une remise à plat du système d'immigration, un sujet auquel certains républicains ont semblé être plus favorables depuis l'élection de novembre, où ils ont été boudés par les électeurs issus des minorités.

Mais globalement, l'exécutif démocrate et les parlementaires républicains sont restés à couteaux tirés ces derniers mois, que ce soit sur les échéances budgétaires -- des coupes drastiques doivent entrer en vigueur début mars, sauf accord de dernière minute-- ou la sécurité nationale.

Des sénateurs conservateurs traînent aussi des pieds pour entériner la nomination du candidat de M. Obama au Pentagone, Chuck Hagel.

Les républicains ont désigné le jeune sénateur Marco Rubio, étoile montante du parti et possible candidat à l'investiture présidentielle en 2016, pour prononcer la "réponse" de leur formation au discours de M. Obama.

tq/lb

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