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Attentat de l'Amia: l'Iran dément l'audition d'un ministre par l'Argentine

12/02/2013 04:56 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

L'Iran a démenti mardi que son ministre de la Défense, Ahmad Vahidi, soupçonné d'être impliqué dans un attentat antijuif en 1994 en Argentine, serait interrogé par la justice de ce pays dans le cadre d'un accord passé avec Buenos Aires, comme l'a annoncé la diplomatie argentine.

"La question de l'audition d'un responsable iranien est totalement fausse, il semble que ceux qui s'inquiètent de cet accord (avec l'Argentine) répandent ce genre d'informations", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast.

"Les responsables iraniens et argentins ont accepté de coopérer afin de faire la lumière sur ce dossier, l'accord suit son cours et aidera de façon certaine à résoudre le problème", a-t-il ajouté.

Le 30 janvier, le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, avait assuré qu'Ahmad Vahidi allait être interrogé par des juges argentins à Téhéran sur l'attentat contre la Mutuelle juive argentine (Amia) à Buenos Aires, dans lequel 85 personnes avaient péri.

"Je me suis assuré qu'il sera présent lorsque le juge conduira les interrogatoires et il le sera", avait affirmé M. Timerman, trois jours après la conclusion d'un accord entre lui et son homologue iranien Ali Salehi pour la création d'une commission d'enquête indépendante.

Les deux pays avaient ouvert en octobre 2012 des négociations pour définir un "mécanisme judiciaire" compatible avec leurs systèmes respectifs pour juger les suspects.

La justice argentine accuse Téhéran d'être impliqué dans l'attentat contre l'Amia et réclame l'extradition pour les juger de huit responsables iraniens, dont M. Vahidi, l'ex-chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati et l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani.

Elle soupçonne aussi l'Iran d'être responsable de l'explosion, en 1992, d'une voiture piégée devant l'ambassade d'Israël à Buenos Aires qui avait fait 29 morts et 200 blessés.

L'Iran a toujours démenti toute implication dans ces attentats.

La communauté juive argentine, la plus importante d'Amérique latine, a rejeté l'accord entre l'Iran et l'Argentine. Israël, de son côté, s'est dit "profondément déçu", alors que Washington a fait part de son scepticisme sur les résultats de cet accord.

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