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Après avoir supprimé 400 postes, Résolu demande d'autres efforts à ses employés

12/02/2013 08:20 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Après avoir supprimé des centaines d'emplois l'an dernier, Produits forestiers Résolu (TSX:RFP) continue de mettre de la pression sur ses syndiqués afin d'accroître encore davantage la rentabilité de ses usines.

En 2012, l'entreprise montréalaise a sabré 600 postes dans ses huit usines québécoises de pâtes et papiers. Cent douze postes ont été perdus à Alma, 111 à Shawinigan (Grand-Mère) et 75 à Clermont, entre autres.

Résolu a rappelé 200 travailleurs avec le redémarrage de l'usine de Dolbeau-Mistassini et la préparation de la relance de celle de Gatineau, prévue pour le mois de mai, de sorte que la perte nette est de 400 emplois au Québec.

L'entreprise demande actuellement aux employés de son usine de pâte de Saint-Félicien d'accepter des concessions qui se traduiraient, selon le syndicat, par le transfert de 28 postes permanents à la sous-traitance.

Résolu a également rationalisé ses activités ailleurs au Canada et aux États-Unis. Cela ne s'est pas fait sans heurts. À Catawba, en Caroline du Sud, la suppression de 154 postes a causé des «pannes d'équipement» qui ont fait chuter de 14 pour cent les expéditions de papier de l'usine au quatrième trimestre, a reconnu mardi le grand patron de l'entreprise, Richard Garneau, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers.

Depuis le milieu de l'année dernière, le nombre total d'employés de Résolu est passé de 10 400 à 9200, dont 4844 au Québec.

Pierre Choquette, porte-parole de Résolu, n'a pas exclu que de nouvelles suppressions de postes soient décrétées cette année, mais il a assuré que l'entreprise cherche toujours à «atténuer les impacts des réductions d'effectifs en regardant du côté des départs à la retraite».

Notons au passage que le siège social montréalais a gagné près de 40 postes récemment avec le rapatriement des derniers employés qui travaillaient encore à l'ancien centre administratif de Greenville, en Caroline du Sud.

Résolu compte désormais 390 employés dans la métropole québécoise. Le rachat de Fibrek par Résolu, l'an dernier, a toutefois entraîné un certain nombre de suppression de postes administratifs dans la région montréalaise.

Résultats

L'entreprise estime qu'avec toutes ces mesures, elle a réduit ses coûts de fabrication de 55 millions $ US par année. Par contre, ces économies n'ont pas encore eu d'impact sur les résultats de Résolu en raison des 180 millions $ US comptabilisés en frais de fermeture, pertes de valeur et autres charges reliées à la restructuration. En 2011, à peine 46 millions $ US avaient été inscrits à ce titre.

Au quatrième trimestre, qui a pris fin le 31 décembre, Résolu a donc subi une perte nette de 36 millions $ US (38 cents US par action), ce qui est conforme aux attentes des analystes. Pendant la même période de 2011, la perte nette avait atteint 6 millions $ US (six cents US par action).

Les ventes trimestrielles ont totalisé 1,1 milliard $ US, en baisse de deux pour cent.

À l'instar des autres fabricants de produits forestiers, Résolu a souffert de la détérioration des marchés du papier et de la pâte, mais a bénéficié de l'amélioration de celui du bois d'oeuvre.

Afin de tirer parti au maximum de l'embellie de ce secteur, l'entreprise accroît actuellement la capacité de ses scieries de Lebel-sur-Quévillon, Senneterre, La Doré, Girardville, Saint-Thomas et Thunder Bay. Elle compte en outre redémarrer sa scierie d'Ignace, en Ontario, et en construire une nouvelle à Atikokan, également en Ontario.

Les nouvelles installations de cogénération en place à Saint-Félicien, Dolbeau-Mistassini et Thunder Bay, qui permettront à Résolu de vendre de l'électricité à profit à Hydro-Québec et à Ontario Power Generation, donneront un sérieux coup de pouce à l'entreprise: elles feront bondir de quelque 65 millions $ US le bénéfice d'exploitation annuel de l'entreprise, lequel a atteint 225 millions $ US en 2012.

Régimes de retraite

Le dossier de l'heure chez Résolu est toutefois celui des régimes de retraite. En raison de la baisse des taux d'intérêt, la solvabilité des régimes est descendue sous le seuil établi dans une entente signée en 2010 avec Québec, de sorte qu'en principe, l'entreprise devrait effectuer des contributions additionnelles de plusieurs dizaines de millions de dollars, ce à quoi elle s'oppose fermement.

Les syndicats n'ont pas encore pris position sur la question. Ils marchent sur des oeufs: ils veulent éviter de donner un prétexte à Résolu pour procéder à de nouveaux licenciements.

Une possible solution serait de donner quelques années de grâce à l'entreprise dans l'espoir que les taux d'intérêt remontent entre-temps, a indiqué Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien de l'énergie et du papier, au cours d'un entretien téléphonique.

M. Gagné s'est par ailleurs interrogé sur les 67 millions $ que Résolu a consacré au rachat de ses propres actions en 2012. Or, en vertu de l'entente conclue avec Québec, l'entreprise n'a pas le droit de verser de dividende.

«Plusieurs personnes pensent sincèrement que c'est une façon détournée (de récompenser les actionnaires)», a-t-il affirmé.

Enfin, fait inusité lors d'une téléconférence financière, deux analystes ont interrogé M. Garneau à propos de la dénonciation récemment faite par Greenpeace des pratiques forestières de Résolu au nord du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Le dirigeant n'a pas répondu directement, se contentant de rappeler que 65 pour cent des forêts gérées par Résolu sont certifiées en vertu du Forest Stewardship Council et que l'objectif de l'entreprise est d'atteindre 85 pour cent de conformité.

L'action de Résolu a gagné 3,1 pour cent mardi pour clôturer à 13,81 $, à la Bourse de Toronto.

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