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Un nouveau gouvernement d'union nationale sera bientôt annoncé en Tunisie

11/02/2013 04:29 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Un accord sur un nouveau gouvernement d'union nationale en Tunisie est imminent, a déclaré lundi le chef du parti islamiste Ennahda à l'Associated Press.

Le chef du parti, Rachid Ghannouchi, a affirmé qu'un nouveau gouvernement devrait être annoncé d'ici deux ou trois jours. Ce remaniement vise à résoudre la crise politique exacerbée par l'assassinat de l'opposant laïque Chokri Belaïd la semaine dernière.

«Nous sommes sur la voie d'un accord», a dit M. Ghannouchi. «Nous allons de l'avant dans la formation d'un gouvernement d'union nationale.»

L'assassinat de Chorki Belaïd a provoqué d'importantes manifestations et émeutes, les manifestants accusant le gouvernement d'être responsable de sa mort. Le meurtre est survenu en pleine impasse dans les négociations pour élargir la coalition gouvernementale.

L'assassinat a représenté le point culminant de plusieurs semaines de violences politiques dans lesquelles plusieurs membres de l'opposition ont été attaqués par des fiers-à-bras inconnus, mais soupçonnés d'être liés aux salafistes, les musulmans ultraconservateurs.

Le premier ministre Hamadi Jebali, lui aussi issu du parti Ennahda, a proposé de former un gouvernement de technocrates pour diriger le pays et résoudre la crise, admettant tacitement que la coalition formée d'Ennahda et de deux partis laïques n'avait pas réussi à s'attaquer aux problèmes économiques et aux violences grandissantes.

La décision de M. Jebali a été bien reçue par l'opposition, mais elle a été rejetée par son propre parti. L'annonce de M. Ghannouchi laisse penser qu'Ennahda a trouvé une solution de rechange qui lui permettrait de garder le contrôle des principaux ministères, dont l'Intérieur, les Affaires étrangères et le Justice.

«Un gouvernement de technocrates n'a aucun avenir parce que les partis politiques ont rejeté cette initiative», a déclaré M. Ghannouchi. «Pour cette raison, M. Jebali est retourné vers les partis pour former un gouvernement de consensus.»

Le bureau de M. Jebali n'était pas en mesure lundi de confirmer que l'idée d'un gouvernement de technocrates avait été abandonnée. Le premier ministre avait précédemment déclaré que si un nouveau gouvernement apolitique n'était pas accepté par l'assemblée générale, il démissionnerait.

Après avoir annoncé dimanche qu'il quittait le gouvernement, le Congrès pour la République, l'un des partis laïques de la coalition gouvernementale, a indiqué qu'il attendrait encore une semaine avant de partir. Le parti exige notamment des changements aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères.

Dans l'entrevue accordée à l'Associated Press, M. Ghannouchi a laissé entendre que son parti pourrait être prêt à céder certains ministères.

Quand les Tunisiens ont renversé le dictateur Zine El Abdine Ben Ali le 14 janvier 2011, ils ont organisé leurs premières élections libres et ont accordé à Ennahda une pluralité de sièges au sein de l'assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution.

La Constitution devrait déjà être achevée et des élections auraient dû être organisées pour former une législature permanente, mais les partis se sont retrouvés dans une impasse alors que l'insatisfaction face à Ennahda ne cesse de croître.

Rachid Ghannouchi, qui est rentré en Tunisie après la chute de Ben Ali après un exil de près de 25 ans, a déclaré qu'après leur révolution pacifique, les Tunisiens voulaient maintenant un État moderne et démocratique qui pourrait être un modèle pour la région.

«Il n'y a aucun doute que nous sommes en faveur d'un État civil et non d'un gouvernement religieux qui dirige au nom de Dieu. La seule légitimité que nous acceptons est celle des urnes et de la volonté populaire», a-t-il affirmé, en précisant qu'il voulait une Constitution qui défende les droits de la personne et garantisse l'égalité entre les sexes.

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