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Manifestation à Tunis pour la démission du gouvernement

11/02/2013 08:06 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

Des centaines de Tunisiens ont manifesté lundi devant l'Assemblée nationale constituante (ANC) pour réclamer la démission du gouvernement et soutenir la veuve de l'opposant Chokri Belaïd dont l'assassinat la semaine dernière a aggravé une profonde crise politique.

Les manifestants scandaient "démission, démission" et "le peuple veut la chute du régime", ont constaté des journalistes de l'AFP. Encore sous le choc, certains fondaient en larmes à l'évocation de la mort de Chokri Belaïd.

La veuve de l'opposant assassiné, Besma Khalfaoui, était présente, les traits tirés, pour réclamer le départ de l'équipe gouvernementale. Elle venait d'être entendue par la justice en tant que témoin de l'assassinat de son époux. "Ce gouvernement doit démissionner aujourd'hui, pas demain ou après-demain. Il ne faut pas attendre. C'est la règle du jeu politique. Quand un gouvernement échoue il doit prendre ses responsabilités", a-t-elle dit à l'AFP.

Accueillie par des youyous, pressée par les journalistes et bousculée par les manifestants venus la soutenir, Besma Khalfaoui tenait d'une main le portrait encadré de son mari assassiné, faisant de l'autre main le "V" de la victoire.

"C'est n'est pas un accident passager. C'est un assassinat, une déviation très grave de la Tunisie", a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs indiqué que le ministère de l'Intérieur n'avait pas répondu à sa demande d'assurer sa protection et celles de ses deux filles. Un drapeau tunisien sur les épaules, Besma Khalfaoui a quitté la manifestation escortée par des manifestants, tandis que les centaines de personnes présentes, hommes et femmes de tous âges, criaient "(Rached) Ghannouchi, assassin !", accusant le chef du parti islamiste d'être responsable de la mort de l'opposant.

Face à une flambée de violences déclenchée par l'assassinat, le Premier ministre Hamadi Jebali, contre l'avis de son parti islamiste Ennahda, a annoncé qu'il tentait de former un gouvernement de technocrates d'ici le milieu la semaine.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Tarrouche a indiqué lundi à l'AFP que "plusieurs équipes travaillent pour élucider ce crime abominable" mais qu'il ne pouvait donner plus de précisions dans l'intérêt de l'enquête.

M. Jebali a dit pour sa part que les meurtriers n'étaient "pas des amateurs", que "tout un appareil était derrière" et qu'il fallait s'attendre "à des résultats très graves".

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