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Les résidants de Gao découvrent les dommages causés par les combats de dimanche

11/02/2013 07:01 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

GAO, Mali - Des soldats maliens parcouraient les rues de Gao lundi à la recherche de combattants islamistes qui pourraient encore être présents dans la ville, après leur invasion de dimanche et les violents combats qui ont suivi durant plusieurs heures.

C'était la première fois que les islamistes revenaient à Gao depuis que la ville a été reprise par les forces françaises et maliennes il y a deux semaines. L'attaque laisse penser que les jihadistes ont l'intention de se battre pour reprendre Gao, qu'ils ont contrôlée pendant près de 10 mois.

Le lieutenant-colonel Salihou Maïga, de la police nationale malienne, a déclaré lundi qu'au moins 14 suspects avaient été arrêtés dans la région et seraient transférés à Bamako, la capitale.

«Les gens ont été terrorisés par l'attaque de dimanche, mais tout le monde est revenu dans la ville maintenant, a-t-il indiqué. Le calme a été rétabli.»

Au moins six véhicules blindés français parcouraient les rues vides du centre de la ville où les jihadistes en robe noire ont affronté les soldats maliens pendant plus de cinq heures, la veille. Le poste de contrôle à l'entrée de la ville, où des kamikazes se sont déjà fait exploser deux fois, a été lourdement fortifié.

«Nos forces patrouillent la ville pour démanteler les poches de résistance», a déclaré Daouda Sidiki Dembelé, un responsable des communications de l'armée malienne à Gao.

Des centaines de résidants se sont rassemblés lundi devant le quartier général de la police, où des parties de corps humain jonchaient le sol.

«Hier, nous avons entendu des tirs et nous nous sommes cachés dans nos maisons toute la soirée», a déclaré Soumayla Maïga, rencontré avec ses amis devant les bureaux lourdement endommagés de la police.

Les jihadistes, armés de fusils automatiques AK-47, sont revenus à Gao en traversant le fleuve Niger à bord de pirogues dimanche après-midi, selon le général français Bernard Berrera, citant l'armée malienne.

À la tombée de la nuit, des hélicoptères français survolaient la ville. Deux explosions ont été entendues durant la nuit, mais lundi matin, on n'entendait plus que l'appel à la prière des mosquées et les aboiements des chiens.

La lieutenante-colonelle Nema Sagadam n'était pas en mesure de dire combien de combattants islamistes ont pénétré dans la ville durant l'attaque de dimanche, mais elle a précisé qu'au moins dix d'entre eux avaient été tués par les forces maliennes. Les soldats maliens ont tiré sur le quartier général de la police parce que des jihadistes étaient cachés à l'intérieur, a-t-elle dit.

«Nous avons eu recours aux armes lourdes pour attaquer l'édifice parce qu'il était infesté de militants qui tiraient sur les gens», a-t-elle expliqué.

Les résidants qui s'étaient barricadés chez eux durant l'attaque se sont prudemment aventurés à l'extérieur lundi. Des citoyens rassemblés en cercle observaient les restes humains laissés après les combats.

Les femmes ont utilisé leurs foulards pour se couvrir le nez et la bouche en passant devant deux jambes abandonnées dans le sable. Les restes d'un âne démembré étaient aussi visibles devant l'édifice de la police.

Deux civils ont été tués par les tirs et dix autres ont été blessés, selon le docteur Moulaye Djiteye, de l'hôpital de Gao. Le corps d'un troisième homme est arrivé à l'hôpital plus tard lundi matin. D'après des résidants, il a été touché par une balle perdue alors qu'il circulait sur sa mobylette.

Les combattants islamistes avaient déjà affronté les forces maliennes en périphérie de Gao, mais les combats de dimanche étaient les premiers à se dérouler dans le centre de la ville.

À Tombouctou, une autre ville du nord récemment libérée, les forces maliennes continuaient de recevoir des informations de civils sur des stocks de munitions abandonnés par les extrémistes.

Lundi, une unité dirigée par le capitaine Adama Diarra a reçu un appel au sujet de grenades cachées dans un carton de lait en poudre. La boîte a été trouvée par des enfants dans un cimetière que les combattants utilisaient comme base, a-t-il expliqué.

«Les enfants ont vu la boîte et ils tentaient d'ouvrir les sachets de lait quand ils ont vu un objet métallique en sortir. Heureusement, ils ont eu la sagesse d'appeler leurs parents, qui nous ont alertés, a dit le capitaine Diarra. Nous continuons de trouver des armes à feu chaque jour.»

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