NOUVELLES

La Tunisie attaque une longue semaine pour tenter une sortie de crise

11/02/2013 05:45 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

La Tunisie attendait lundi de savoir si le parti laïc du président allait claquer la porte du gouvernement, une décision qui devrait approfondir la crise politique et les difficultés du parti islamiste au pouvoir Ennahda, déjà en conflit avec son numéro 2, le Premier ministre.

L'annonce du Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki est attendue à la mi-journée alors que le pays est plongé dans une crise sans précédent qui a été alourdie par l'assassinat du leader de gauche, Chokri Belaïd mercredi.

Une conférence de presse prévue initialement à 09H00 GMT dans les locaux du parti à Tunis a été retardée.

Des ministres du CPR ont annoncé dimanche leur intention de démissionner si Ennahda n'accepte pas le départ de deux de ses principaux ministres régaliens.

Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Hédi Ben Abbès, un responsable du CPR, a toutefois laissé planer un doute dimanche en déclarant ne pas pouvoir confirmer ou démentir la démission.

"Pour le savoir, on donne rendez-vous demain (lundi) au local du CPR pour une conférence de presse", a-t-il indiqué à l'AFP.

Par ailleurs, une source proche de la présidence, a indiqué à l'AFP que des pourparlers de dernière minute étaient en cours entre Ennahda et le CPR et qu'un compromis est possible mais guère probable.

Mais ces tractations ne semblent pas avoir entamé la détermination du Premier ministre Hamadi Jebali, qui contre la volonté de son parti Ennahda, tient à former un gouvernement de technocrates.

Interrogé par la chaîne d'information Al-Arabiya, basée à Dubaï, sur le départ du CPR, il ne s'est pas attardé sur le sujet, relevant qu'il avait "prévu de former un gouvernement sans les partis".

Ennahda a redit lundi son rejet de la proposition de M. Jebali en indiquant que son bureau exécutif a entériné la position de ses dirigeants.

Fethi Ayadi, dirigeant d'Ennahda, a déclaré sur la radio Shems FM que son mouvement comprenait la démarche de M. Jebali "soucieux d'éviter au pays de glisser dans la violence" mais "ne partage pas son analyse et estime possible la poursuite de l'expérience en cours", celle d'un gouvernement conduit par le parti islamiste.

Le CPR compte actuellement trois ministres et deux secrétaires d'Etat dans le gouvernement. Le mouvement avait indiqué le 2 février que ses membres démissionneraient du cabinet si les ministres des Affaires étrangères et de la Justice, issus d'Ennahda et contestés depuis des mois, restaient en place.

Le parti islamiste dirige un gouvernement de coalition avec le CPR et un autre parti laïc de centre gauche, Ettakatol.

Ce dernier parti s'est dit favorable par la voix du ministre des Finances Elyes Fakhfakh à la proposition de M. Jebali. "Il faut assurer les meilleurs succès à cette initiative", a-t-il déclaré lundi sur la radio Mosaïque FM.

La Tunisie s'engage dans "une longue semaine" pour sortir de sa crise politique, relevait ainsi la presse tunisienne lundi.

"Les Tunisiens retiennent leur souffle, le regard fixé sur Hamadi Jebali qui commence ce lundi sa semaine la plus longue", note le site internet de la revue Leaders.

Le journal La Presse titre ainsi "l'imbroglio demeure entier" et relève que "la crise de légitimité du pouvoir actuel ne cesse de s'aggraver".

Qualifiant de "louable", l'initiative de M. Jebali, le quotidien souligne cependant qu'un "gouvernement de consensus n'a d'intérêt que s'il regroupe un large spectre du paysage politique".

kl-mh/alf/sw

PLUS:afp