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Iran: deux filles de l'opposant Moussavi entendues par le parquet (justice)

11/02/2013 08:43 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

Deux filles de Mir Hossein Moussavi, un responsable de l'opposition en résidence surveillée depuis près de deux ans, ont été entendues pendant plusieurs heures lundi par le parquet de Téhéran pour fournir des "explications", selon les autorités judiciaires iranienne.

"Les deux filles de Mir Hossein Moussavi ont été convoquées pour fournir quelques explications et (...) pourront rentrer prochainement à leur domicile", a précisé le porte-parole de l'autorité judiciaire, cité par l'agence Isna, sans préciser la nature de ces explications.

Le parquet général de Téhéran a pour sa part démenti l'"arrestation" de Zahra et de Nargues Moussavi, annoncée plus tôt par le site internet kaleme.com, proche de M. Moussavi.

Kokab, une autre fille de M. Moussavi qui a réussi à joindre l'une de ses soeurs, a confirmé à Kaleme.com qu'elles "seraient gardées probablement pendant quelques heures pour être interrogées".

Les deux femmes sont rentrées chez elle après avoir "passé quelques heures dans le bureau du procureur à la prison d'Evine", dans le nord de la capitale, a indiqué en fin de journée l'agence Isna, citant Mohammad Saleh Noqrekar, un proche de M. Moussavi.

Mir Hossein Moussavi, ex-Premier ministre, et Mehdi Karoubi, ancien président réformateur du Parlement, tous deux candidats malheureux à la présidentielle de juin 2009, avaient pris la tête du mouvement de contestation contre la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en dénonçant des fraudes massives lors du scrutin.

Le mouvement, qui a plongé le régime dans l'une des plus graves crises politiques de son histoire, a été sévèrement réprimé.

Officiellement qualifiés de "traîtres" et de "contre-révolutionnaires", les deux hommes ont été placés en résidence surveillée à la mi-février 2011, après avoir appelé à reprendre les manifestations anti-gouvernementales, interdites par le pouvoir.

Trois experts de l'ONU sur les questions des droits de l'Homme ont appelé lundi le gouvernement iranien "à libérer immédiatement et sans condition les deux dirigeants de l'opposition et les membres de leur famille, de lever toutes les restrictions à leurs déplacements et à leurs activités légalement protégées".

Ils rappellent l'avis du groupe des Nations unies sur la détention arbitraire émis en août 2012, soulignant que MM. Moussavi et Karoubi sont victimes d'une détention arbitraire ce qui constitue "une violation par l'Iran de ses obligations internationales et nationales".

M. Ahmadinejad arrive au terme de son second mandat et une élection présidentielle est prévue le 14 juin pour désigner son successeur.

bur/cyj/hj

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