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C1 - Shakhtar Donetsk: Lucescu, ce Roumain redouté

11/02/2013 09:55 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

En dix ans, l'entraîneur roumain du Shakhtar Donetsk Mircea Lucescu a fait passer le club ukrainien de modeste formation régionale à une équipe redoutée, qui affrontera mercredi le Borussia Dortmund en 8e de finale aller de la Ligue des Champions.

Arrivé en 2004 à la tête de l'équipe, l'ancien attaquant international roumain, aujourd'hui âgé de 67 ans, en a fait un sérieux concurrent des éternels rivaux du Dynamo Kiev, à l'aide du milliardaire Rinat Akhmetov, propriétaire du club.

Après avoir remporté en 2009 la coupe de l'UEFA, Lucescu et Akhmetov ont jeté leur dévolu sur un titre bien plus prestigieux, la C1.

Lucescu a un CV impressionnant. Il a gagné six titres en Roumanie comme joueur en a également engrangé deux en tant qu'entraîneur du Dinamo et du Rapid Bucarest.

Il a aussi été à la tête des clubs italiens de Pise et de l'Inter Milan avant d'atterrir chez les turcs de Galatasaray, avec lesquels il remporta la Supercoupe en 2000 et le titre de champion de Turquie en 2002.

Elu meilleur entraîneur de Turquie, il a ensuite pris les rênes du Besiktas et gagna le titre dès 2003.

Quand Lucescu arrive au Shakhtar en 2004, il se fixe comme objectif de créer une nouvelle équipe composée de joueurs étrangers, choisissant des Brésiliens, neuf actuellement, pour former l'épine dorsale de son effectif. L'entraîneur n'a aucun état d'âme d'avoir collé au Shakhtar l'étiquette du "plus brésilien" des clubs d'Europe de l'Est.

"Les Brésiliens sont connus dans le monde entier pour produire un beau et spectaculaire football, ce qui m'a toujours enthousiasmé", a-t-il déclaré à l'AFP.

Mais ce ne fut pas toujours facile: après avoir remporté à deux reprises les titres d'Ukraine en 2005 et 2006, Lucescu a été sévèrement critiqué pour avoir fini second en 2007 et 2008.

La confiance qu'Akhmetov a gardé en lui fut récompensée par trois titres consécutifs entre 2009 et 2012.

"J'ai eu une importante pression de ceux qui souhaitaient sa démission. Mais il y a avait certaines choses qui m'empêchaient de le renvoyer", a souligné le magnat du métal.

"D'abord pour son vrai professionnalisme qui a radicalement transformé l'équipe pendant toutes ces années" puis "sa droiture morale". Et le propriétaire de souligner que Lucescu "n'était pas juste en train d'essayer de garder son contrat" mais que le technicien était "en train de mener son équipe vers le prochain sommet de la gloire du football avec sincérité et passion".

Sur le sentier de la gloire, il y a le Borussia. Lucescu se méfie des statistiques flatteuses des confrontations du Shakhtar contre les clubs allemands (sur 10 matches, 5 victoires, 2 nuls, 3 défaites).

"Dortmund est sorti cette saison en tête du groupe le plus difficile de Ligue des Champions (groupe D, où il y a avait le Real Madrid et Manchester City) et cela prouve combien ils sont bons", a ainsi insisté l'entraîneur des Ukrainiens.

Pour réitérer une qualification pour les quarts de finale --comme en 2011, avec à la clé une cinglante élimination (5-1, puis 1-0) contre Barcelone-- le Shakhtar devra donc se défaire de l'actuel second de Bundesliga.

"Vous ne désigneriez certainement pas le Borussia comme un club du gratin européen mais son jeu collectif est réglé avec précision", met encore en garde le coach de Donetsk.

Autre problème: Le club de la ville minière ukrainienne va affronter le Borussia sans véritable préparation pour cause de trêve hivernale qui ne s'interrompra que le 1er mars. Mais Lucescu a sans doute des atouts dans sa manche pour surmonter ce handicap.

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