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Assurance-emploi: la rencontre entre Agnès Maltais et Diane Finley n'a pas lieu

11/02/2013 11:15 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La météo a peut-être empêché la ministre québécoise de l'Emploi, Agnès Maltais, d'aller exprimer ses doléances sur la réforme de l'assurance-emploi à Ottawa, lundi, mais elle n'a pas l'intention d'abandonner.

La rencontre organisée avec la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, au sujet de l'impact de la réforme de l'assurance-emploi sur le Québec n'a pas eu lieu lundi après-midi comme prévu.

L'avion de Mme Maltais n'a pas réussi à se poser à Gatineau, en raison des mauvaises conditions météorologiques. La réunion a donc été annulée.

La ministre québécoise devra ainsi trouver un autre moment, ou un autre moyen, pour exprimer au gouvernement Harper ses craintes sur la réforme fédérale et se faire confirmer dans quelle mesure elle va toucher les Québécois.

Pour elle, ce n'est que partie remise.

Car dans un communiqué rapidement diffusé par le bureau de la ministre Maltais, il est précisé que «des démarches seront entreprises dès ce (lundi) soir pour réinscrire cette rencontre aux agendas des deux ministres».

Dimanche, Mme Maltais avait indiqué que le gouvernement du Québec n'a pas été convaincu par les assurances données récemment par le premier ministre Stephen Harper — lors d'une rencontre à Lévis avec Pauline Marois — à l'effet que les Québécois n'ont pas à craindre l'effet des nouvelles règles.

Pour s'en assurer, la ministre Maltais voulait réclamer à Mme Finley, lors de la rencontre, ses études d'impact, entre autres parce que c'est Québec qui va ramasser la facture pour tous les chômeurs qui verront leurs prestations abolies et qui devront se tourner vers l'aide sociale offerte par la province.

Mais le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, n'entretient pas beaucoup d'espoir de voir de réelles études d'impact.

«Et de là à savoir s'il y a eu des études d’impact, presque certainement pas. C’est pas l'habitude des conservateurs de faire du travail de fond. Ils aiment bien être au pouvoir, les conservateurs, mais ils n'aiment pas faire le travail ardu de gouverner dans le détail», a-t-il lancé.

S'ils n'ont pas ces études d'impact, ils auront l'air de ce qu'ils ont l'air, a pour sa part ironisé Daniel Paillé, le chef du Bloc québécois, au sujet des conservateurs.

Il a dit espérer que la réforme de l'assurance-emploi n'ait pas été rédigée au dos d'un chèque de paie.

Les partis d'opposition demandent au gouvernement Harper de reculer sur sa réforme «bâclée».

«C’est une erreur monumentale qui fait très mal aux régions, surtout les régions ressources et pas juste au Québec», a constaté M. Mulcair.

La réforme de l'assurance-emploi inquiète les travailleurs, notamment au Québec, où l'on retrouve environ 40 pour cent des travailleurs qui ont un emploi saisonnier au Canada. Ces travailleurs, surtout dans les secteurs forestier et de la pêche, sont parmi les plus touchés par la réforme.

Des manifestations contre les nouvelles règles ont lieu depuis des mois au pays. Peu convaincus par les explications et les assurances données par le gouvernement fédéral, les travailleurs ne donnent aucun signe qu'ils entendent arrêter leurs protestations.

La réforme d'Ottawa fait en sorte que certains chômeurs devront accepter tout «emploi raisonnable», parfois à une heure de route de leur maison ou dans un domaine d'emploi qui leur est étranger, sinon ils risquent de perdre leurs prestations. Les «utilisateurs fréquents» du système seront les plus touchés. Les travailleurs devront aussi accepter des emplois à 70 ou 80 pour cent du salaire de l'emploi perdu.

Une journée d'action organisée par des groupes de chômeurs et des syndicats a d'ailleurs lieu mardi, un peu partout au Québec, notamment à Montréal, Saguenay, Sherbrooke, Lévis et Shawinigan.

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