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11-Septembre: les avocats veulent protéger leurs échanges avec leurs clients

11/02/2013 10:07 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

Les cinq accusés des attentats du 11-Septembre ont comparu lundi matin devant un tribunal militaire de Guantanamo pour une audience préliminaire consacrée à la confidentialité de leurs communications avec leurs avocats.

Après à peine plus d'une heure d'audience, les débats consacrés à l'examen d'une requête d'urgence de la défense ont été suspendus pour la journée, à la demande des avocats pour leur permettre d'interroger des responsables de la prison appelés à témoigner sur les procédures de surveillance en place à Guantanamo.

Cette audience destinée à préparer le procès doit durer quatre jours à Guantanamo et est retransmise sur la base militaire de Fort Meade (Maryland), près de Washington. Les cinq hommes encourent la peine de mort pour le meurtre de près de 3.000 personnes. Leur procès ne doit pas commencer avant un an.

"La confidentialité de nos communications est en jeu ici", a plaidé lundi David Nevin, avocat du cerveau autoproclamé du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed. Il a assuré avoir de bonnes raisons de croire que ses échanges avec son client étaient écoutés à la fois dans la salle du tribunal, via le circuit des micros, même lorsque les conversations sont en aparté, et lors de ses visites en prison.

La défense a déposé en urgence une requête pour suspendre la procédure tant que la question de la protection des communications confidentielles entre les clients et leurs avocats n'aura pas été tranchée.

Le 28 janvier à Guantanamo, le juge militaire avait révélé qu'une agence du renseignement du gouvernement écoutait à son insu les débats et en avait censuré une portion qu'elle jugeait sensible.

A Guantanamo, les échanges sont diffusés avec un différé de 40 secondes dans la salle de presse et dans la galerie où se trouvent, derrière une épaisse paroi vitrée, les journalistes, les organisations de défense des droits de l'homme et les familles des victimes.

Ce différé permet à un officier de sécurité de censurer des informations classifiées mais ce que ni la presse, ni même le juge lui même ne savaient jusqu'alors, c'est que le gouvernement lui-même avait cette possibilité.

Depuis ce coup de théâtre, les avocats de la défense affirment que leurs conversations confidentielles sont aussi écoutées. "Si quelqu'un a la capacité d'interrompre la diffusion (...) cela soulève la crainte que nos communications soient écoutées", a plaidé Me Nevin.

"C'est un énorme problème", a renchéri Cheryl Bormann, avocate du Yéménite Wallid ben Attach. Parlant du "cauchemar logistique que représente Guantanamo", elle a ajouté qu'elle apporterait des preuves qu'un "instrument d'écoute ayant la capacité d'enregistrer" avait été dissimulé dans ce qui ressemblait à un détecteur de fumée dans le bureau dans lequel elle rencontrait son client.

Pour apaiser les craintes des avocats, le procureur en chef, le général Mark Martins, a proposé dans un premier temps que les micros de la salle d'audience soient modifiés et que le bouton permettant de couper le son soit remplacé par un bouton sur lequel il faut appuyer pour que le micro fonctionne. Le juge a ordonné que cette modification technique soit réalisée pour mardi matin.

chv/mdm

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