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Jordanie: le roi va impliquer le Parlement pour choisir le Premier ministre

10/02/2013 11:15 EST | Actualisé 12/04/2013 05:12 EDT

Le Roi Abdallah II de Jordanie s'est de nouveau engagé dimanche à parvenir à "un consensus" avec le Parlement dans le choix du Premier ministre, saluant "une transformation historique" qui doit conduire à un système parlementaire.

Abdallah II avait déjà indiqué à plusieurs reprises qu'il souhaitait que les élections législatives du 23 janvier, pourtant boycottées par les Frères musulmans, première force de l'opposition, ouvrent la voie à un régime parlementaire.

"Nous allons débuter (...) cette nouvelle approche concernant la formation du gouvernement par des consultations avec la chambre basse (...), afin d'arriver à un consensus qui mène à la désignation du Premier ministre", a réaffirmé le roi à l'occasion de la séance inaugurale du Parlement.

Le Premier ministre devra lui aussi consulter les différents groupes parlementaires et diverses forces politiques pour former son gouvernement, a-t-il ajouté.

Le roi, qui s'était engagé à poursuivre les réformes démocratiques après le scrutin, a appelé le Parlement "à jouer le rôle d'incubateur du dialogue national et à mener des discussions avec les communautés locales et les forces politiques."

Il a reconnu que la loi électorale "n'était pas idéale", tout en assurant qu'elle avait "obtenu un consensus aussi large que possible", et a appelé à une nouvelle modification du mode de scrutin.

Le Premier ministre Abdallah Nsour a présenté la démission de son gouvernement le 29 janvier, quelques jours après les élections législatives remportées par des personnalités proches du régime, des hommes d'affaires et des chefs tribaux.

Les Frères musulmans avaient boycotté le scrutin, estimant que les réformes n'apportaient pas de véritable changement démocratique et exigeant que le Premier ministre soit directement issu de la majorité du Parlement, et non plus nommé par le roi.

"Le discours doit se traduire par des avancées concrètes dans la réalité, sur le terrain", a réagi dimanche Hamzeh Mansour, chef du Front d'action islamique, la branche politique des Frères.

"Ce Parlement est semblable à ceux qui l'ont précédé. Il ne va rien apporter de nouveau. Et l'idée d'un gouvernement parlementaire est encore vague. Nous avons besoin d'un dialogue, sous l'égide du roi lui-même", a-t-il ajouté.

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