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Dopage/Affaire Puerto: les dépositions d'anciens cyclistes très attendues

10/02/2013 06:22 EST | Actualisé 12/04/2013 05:12 EDT

Le procès de l'affaire de dopage sanguin Puerto, jusqu'ici décevant en termes de révélations, pourrait connaître un regain d'intérêt dans sa troisième semaine avec les témoignages du cycliste Ivan Basso ou des ex-coureurs Jörge Jaksche et Jesus Manzano.

Basso et Jaksche font partie des six coureurs sanctionnés sportivement dans le cadre de cette affaire (sur une liste de 58 noms dressée en 2006 par la Guarde civile) et Manzano a porté les couleurs de l'équipe Kelme dont le docteur Fuentes, principal accusé, fut le médecin.

Au début du procès, le docteur Fuentes a reconnu "ne pas avoir travaillé qu'avec des cyclistes", mais la juge Julia Patricia Santamaria a renoncé à lui demander les noms des propriétaires des poches de sang retrouvées dans ses appartements madrilènes en 2006.

Elle n'a pas davantage interrogé sur ce sujet les quatre autres accusés - la soeur du Dr Eufemiano Fuentes, Yolanda Fuentes, et les anciens directeurs sportifs Manolo Saiz, Belda et Labarta - qui sont poursuivis pour un "délit contre la santé publique" et non pour aide au dopage.

Les révélations sont donc davantage venues de la presse.

Dans le journal AS, l'ex-président de la Real Sociedad, Inaki Badiola, a accusé son ancien club d'avoir acheté des produits dopants entre 2001 et 2008 par une possible entremise de Fuentes. Il a notamment affirmé que l'ancien président du club basque, José Luis Astiazaran, avait couvert l'achat de produits dopants entre 2001 et 2005 via une caisse noire.

Coïncidence troublante, dans plusieurs documents saisis par la police en 2006 apparaît, de la main de Fuentes, l'inscription "RSOC" et l'intitulé "Comptes Asti".

Fuentes s'en est cependant tiré par une énième pirouette: "RSOC? Il s'agit peut-être d'un bon vin, non?"

La Gazzetta dello Sport a quant à elle affirmé que l'ancien sprinter Mario Cipollini avait été un client du docteur Fuentes, notamment en 2002 quand il a gagné Milan-San Remo et été champion du monde, après avoir consulté les carnets du médecin espagnol, parmi les 7.000 pages du dossier judiciaire. L'avocat du coureur a vivement démenti.

Les nouveaux témoins entendus à partir de lundi pourraient cependant étayer les accusations d'atteinte à la santé publique.

L'Italien Ivan Basso --condamné à deux ans de suspension après que son ADN eut été retrouvé dans une des poches de sang saisies chez Fuentes-- et l'Allemand Jörg Jaksche, qui a lui aussi reconnu avoir été un client du médecin canarien, devraient ainsi pouvoir confirmer ou non si les autotransfusions du docteur Fuentes ont mis leur santé en danger.

Jesus Manzano, lui, témoignera sans aucun doute à charge contre le médecin mercredi. En 2004, l'ancien coureur de la Kelme avait accusé Fuentes, médecin en chef de l'équipe jusqu'en 2002, d'avoir mis en danger sa santé en lui administrant des produits dopants.

Le coureur, partie civile dans ce procès, avait alors détaillé dans le journal AS les pratiques dopantes en vigueur chez Kelme - autotransfusions exécutées parfois dans des conditions douteuses et prises d'EPO.

Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si, depuis le début du procès, Fuentes et l'ancien directeur de l'équipe "Comunitat Valenciana" (continuation de Kelme) Vicente Belda ont cherché à discréditer Manzano en l'accusant d'être "cocaïnomane" et "indiscipliné".

cle/gf/bpa

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