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Tunisie : les islamistes manifestent

09/02/2013 10:45 EST | Actualisé 11/04/2013 05:12 EDT

Le premier ministre tunisien a menacé de démissionner s'il ne réussissait pas à former un gouvernement avant le milieu de la semaine prochaine, alors que les islamistes manifestaient dans les rues de Tunis, samedi.

En conflit déclaré avec son propre parti, Ennahda, le premier ministre Hamadi Jebali a encore une fois indiqué qu'il cherchait à former un « gouvernement de technocrates », si besoin sans « l'aval de l'Assemblée nationale constituante ».

« Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l'Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères », a déclaré M. Jebali à la chaîne d'informations France 24.
Il a ajouté avoir pris cette décision « sans consulter les partis politiques » le jour de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd « de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l'irrationnel ».

Chokri Belaïd, un responsable de l'opposition laïque en Tunisie, a été abattu devant son domicile, à Tunis. Il est décédé à l'hôpital après avoir été atteint par quatre balles tirées dans la tête et dans la poitrine. À la suite de cet assassinat, des affrontements ont eu lieu entre la police et des manifestants, plongeant le pays dans la tourmente. Un policier a été tué lors des heurts. Les funérailles de Chokri Belaïd ont pris l'allure d'une manifestation contre le pouvoir islamiste en place.

Contre-manifestation

Quelque 3000 personnes ont manifesté à Tunis à l'appel d'Ennahda, au lendemain de l'enterrement de l'opposant Chokri Belaïd assassiné mercredi dernier. Le rassemblement avait pour mot d'ordre « la défense de la légitimité de l'Assemblée nationale constituante », une réponse directe à Hamadi Jebali.

Le vice-président du parti islamiste, Abdelhamid Jelassi, a affirmé que « le premier ministre n'avait pas demandé l'opinion des membres de son parti avant d'annoncer la dissolution du gouvernement. « Nous, au sein du parti, pensons que la Tunisie doit avoir un gouvernement de politiciens tout de suite », a-t-il ajouté.

Ennahda dispose de 89 des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante.

 

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