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Maroc/Gdim Izik: rejet du recours contre un procès devant une cour militaire

09/02/2013 07:43 EST | Actualisé 11/04/2013 05:12 EDT

La cour militaire de Rabat a rejeté le recours des 24 Sahraouis accusés du meurtre de membres des forces de l'ordre, qui réclamaient leur jugement devant une juridiction civile, a-t-on indiqué samedi de source judiciaire.

Ces 24 personnes sont poursuivies pour "constitution de bandes criminelles, violences sur des forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres", dans le cadre du démantèlement du camp de Gdim Izik, fin 2010, au Sahara occidental. Selon des ONG, ils risquent la peine de mort.

Le procès militaire, qui s'est ouvert le 1er février après plusieurs reports, est suivi de près par nombre d'observateurs internationaux compte tenu de la sensibilité de la question du Sahara occidental, région contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes.

Samedi, il s'est poursuivi par l'audition des accusés, au lendemain du rejet de recours présentés par les avocats de la défense, selon l'agence MAP. Ces recours, qui se rapportaient à "la non compétence du tribunal militaire" mais aussi au "non respect du principe du procès public", ont été rejetés en raison de "l'absence de bases juridiques", d'après la même source.

A l'ouverture du procès, Amnesty International avait estimé que "le procès de civils devant une cour militaire" ne répondait "pas aux normes internationales reconnues pour un procès équitable". "Les allégations de torture (...) doivent faire l'objet d'une enquête", avait ajouté l'ONG dans son communiqué.

Réunies au sein d'une association, les familles des membres des forces de l'ordre tués réclament pour leur part justice, et rejettent toute instrumentalisation politique.

A l'aube du 8 novembre 2010, les forces de l'ordre étaient intervenues à Gdim Izik, près de Laâyoune, pour démanteler un campement contestataire comptant alors, selon des observateurs de l'ONU, jusqu'à 3.000 tentes.

Cette intervention avait dégénéré en violents affrontements puis en une émeute à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental, où des administrations et commerces avaient été incendiés. Selon Rabat, 11 membres des forces de l'ordre avaient été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est contrôlé depuis les années 1970 par le Maroc, qui lui propose une large autonomie sous sa souveraineté. Mais le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclament un référendum d'autodétermination.

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